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Xavier Bertrand essaye une 4L aux couleurs de l'Elysée, à Douai, le 28 juin 2021.

Chez Les Républicains, on cherche la preuve par trois

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Les régionales ont légitimé les ambitions présidentielles de trois prétendants : Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez. Mais comment les départager ?

Xavier Bertrand essaye une 4L aux couleurs de l'Elysée, à Douai, le 28 juin 2021.
Xavier Bertrand essaye une 4L aux couleurs de l'Elysée, à Douai, le 28 juin 2021. Crédits : Ludovic Marin - AFP

Vous connaissez l'adage : « abondance de biens ne nuit pas ». En politique, ce n'est pas si sûr, particulièrement à droite.

Les Républicains ont bien trop de candidats. Ou plus exactement trop de candidats d'à peu près la même force.

Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez. Les deux premiers ont d'ailleurs rendu leur carte du parti depuis longtemps... Mais ils ont pris soin de ne pas rompre violemment, pour ménager les retrouvailles.

Les régionales devaient servir de primaire officieuse, elles n'ont fait que confirmer le trio de prétendants.

En scrutant le scrutin, tous les trois peuvent en tirer des arguments pro-domo. 

Laurent Wauquiez obtient le meilleur pourcentage : 55,17%. 

Oui mais... Valérie Pécresse engrange le plus grand nombre de votes : plus d'un million de voix, puisque la région Île-de-France compte davantage d'électeurs.

Quant à Xavier Bertrand, il peut revendiquer le combat le plus difficile, dans une région où le Rassemblement national est particulièrement bien implanté.

C'est donc toute la difficulté du parti Les Républicains. Les élections régionales ont légitimé ces trois parcours, et ce n'est pas simple de les départager.

Est-ce qu'on peut les distinguer, sur le fond ?

Alors certes, ils sont trois, mais ne leur parlez pas des « trois droites » chères à René Rémond. Il n'y a pas ici d'orléanisme, de légitimisme, de bonapartisme...

Ces trois-là ont toujours été séparés davantage par l'ambition que par les idées.

L'ambition : C'est d'ailleurs le critère qui vient à l'esprit de Rachida Dati quand on lui demande vers qui penche sa préférence : « Il a faim. Pour l'instant c'est celui qui a le plus faim ».

Rachida Dati, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, actuelle maire du 7eme arrondissement de Paris, sur BFM TV il y a quelques semaines.

Elle-même, d'ailleurs, n'a jamais exclu de se présenter en 2022. Elle fait partie, disons, de la réserve des candidats, avec François Baroin, Michel Barnier, le maire de Cannes David Lisnard et quelques autres.

Sans oublier Bruno Retailleau, le vindicatif et vendéen chef de file des sénateurs LR, qui ne fait pas mystère de sa candidature.  

Alors comment départager tous ces profils ?  

Le parti a mis en place un système assez audacieux et en tout cas inédit : une désignation sur la foi de sondages.

Deux vagues de sondage réalisées en septembre et en octobre prochain par l'institut IFOP. Cela auprès d'un large panel de sympathisants de la droite et du centre.

Si l'une des personnalités ressort clairement, alors elle sera intronisée par le mouvement.

Si les enquêtes d'opinion ne permettent pas d'établir une prééminence, alors LR se tournera vers une autre forme de désignation, par exemple une primaire.

Cette procédure est audacieuse parce qu'elle met fin à une hypocrisie. Dans notre démocratie sondagière, c'était en réalité déjà les courbes de popularité qui influencent grandement le choix d'un représentant à l'élection.

Mais c'est une procédure risquée, aussi. Les sondages de septembre sont-ils vraiment fiables ?

Tenez, remontons un peu le temps à droite. En septembre 1994, le candidat naturel des sondages c'était lui : [extrait sonore]. Édouard Balladur, que certaines enquêtes donnaient même élu... dès le premier tour de la présidentielle de 1995 !  

Jacques Chirac commence sa campagne, lui, en novembre 1994 sous les ricanements. On connaît le résultat.

Cet exemple rappelle que la présidentielle est autant une course d'obstacles qu'une course de fond.

C'est peut-être avec ce précédent en tête que Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez ont choisi hier soir de rester relativement sobres sur leurs ambitions...

Et de laisser pétarader Xavier Bertrand, en espérant que le carburant politique de sa victoire ne suffise pas pour atteindre la ligne d'arrivée.

Frédéric Says

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