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Jean-Luc Mélenchon, candidat en 78ème position sur la liste de la France insoumise.

Les élections espagnoles vues par les partis français

3 min
À retrouver dans l'émission

Chaque famille politique tente d'y déceler des signes encourageants avant les élections européennes.

Jean-Luc Mélenchon, candidat en 78ème position sur la liste de la France insoumise.
Jean-Luc Mélenchon, candidat en 78ème position sur la liste de la France insoumise. Crédits : Nicolas Tucat - AFP

Pour les partis français, le scrutin espagnol est un miroir dans lequel l'on espère trouver un reflet flatteur. Prenez par exemple Raphaël Glucksmann, candidat PS-Place Publique. Pour lui, le résultat espagnol montre que la social-démocratie a de nouveau le vent en poupe. 

La péninsule ibérique est désormais 100% à gauche ; alors le candidat français se laisse aller à imaginer une vague socialiste qui déferlerait sur le vieux continent. Même si du côté français, la mer est encore calme, avec un immuable 6% dans les sondages. 

Le Rassemblement national, lui, a observé avec intérêt le score de Vox. Ce parti d'extrême-droite, post-franquiste, a atteint 10 % des voix ce dimanche. Le mouvement passe de 0 à 24 sièges. La preuve, selon le parti de Marine Le Pen, d'un "réveil des peuples" en Europe. Qu'importe que Vox soit très libéral en économie - bien loin de l'inclination étatiste du FN ou plutôt du RN... Il y a là matière à prouver que le parti lepeniste, qu'on dit tout seul en Europe, compte des alliés potentiels. 

Cousins

Quant à la République en Marche, elle applaudit le score de Ciudadanos, ce parti de centre-droit libéral, parti créé il y a moins de 5 ans. En Marche se reconnait en ce cousin, parti de rien, arrivé 3ème en Espagne. Quand on regarde dans le détail, c'est un peu moins glorieux : Ciudadanos n'a pas hésité à s'allier avec l'extrême-droite pour gouverner l'Andalousie... Mais après tout, dans chaque famille, il y a des cousins un peu gênants. 

Et puis il y a le mouvement Podemos, que Jean-Luc Mélenchon s'est empressé de saluer. Podemos, ce parti issu du mouvement d'occupation des places en Espagne, qui arrive quatrième de ces élections avec 14% des voix. 

Remontada

Jean-Luc Mélenchon a salué une magnifique "remontada" : terme emprunté au football pour qualifier ce score meilleur que ne le prédisaient les sondages. Néanmoins, le mouvement, miné par ses divisions internes, a tout de même perdu 1 million et demi de voix par rapport au dernier scrutin... 

Et puis dans ce grand exercice qui mêle la politique comparée et la méthode coué, il y a un grand silencieux : Laurent Wauquiez. 

Pas un tweet, pas un communiqué pour saluer la droite espagnole. C'est assez logique : le Partido popular est en crise. Il perd la moitié de ses sièges, empêtré dans des scandales de corruption, englué dans un certain tiraillement idéologique, entre le centre et la droite dure.   D'où cette relative marginalisation électorale. En l'occurrence, il est sans doute plus agréable de ne pas regarder le reflet tendu par le miroir espagnol.

Frédéric Says

Chroniques

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