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Le dirigeant du Parti socialiste Olivier Faure veut provoquer un "big bang" dans sa formation politique.

Faut-il renommer le Parti socialiste ?

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Le Premier secrétaire du parti, Olivier Faure, le souhaite.

Le dirigeant du Parti socialiste Olivier Faure veut provoquer un "big bang" dans sa formation politique.
Le dirigeant du Parti socialiste Olivier Faure veut provoquer un "big bang" dans sa formation politique. Crédits : Ludovic Marin - AFP

Le PS s'apprête-t-il à organiser son propre Black Friday ? Veut-il brader son nom, son identité ?  

En tout cas, le premier secrétaire du Parti, Olivier Faure, a ouvert le débat. D'après lui, la dénomination « Parti socialiste » est aujourd'hui « mal comprise ».  

Evidemment, cette proposition a tout de suite inspiré les ricaneurs subtils. parmi eux, bien sûr, François Hollande, qui a proposé un nouveau nom : « les socialistes ». Voilà un exemple de créativité qui donne confiance dans la capacité d'invention et d'audace de l'ancien président.  

Cela dit - et entre nous - on peut comprendre François Hollande, puisqu'il n'a jamais vraiment réussi à prononcer en entier le nom de son parti, souvent transformé, dans sa bouche, en "partiscialiss » [extrait sonore].

Rebaptiser le « Parti socialiste » en « Les socialistes », ce serait peut-être plus facile à prononcer : pourquoi pas. Après tout, en termes d'absurdité lexicale, plus rien ne peut nous étonner dans cette époque qui a vu surgir un concept aussi improbable que le « drive piétons » ! 

Au-delà de ce concours Lépine bruyant et anecdotique, il faut s'interroger sur ce qui pousse les familles politiques à vouloir, toutes, changer de patronyme.  

En quinze ans, chacune ou presque a fait sa mue.

Les Verts sont devenus Europe-Ecologie. Le FN s'est rebaptisé le RN. Le RPR a enfanté l'UMP, qui a donné naissance à Les Républicains. Seuls demeuraient jusqu'à présent le Parti communiste - et donc le PS. 

Pourquoi ces changements de nom ?

Il y a des cas de figure assez différents. Le RPR et l'UMP ont disparu en bonne partie à cause des affaires judiciaires, qui leur faisaient, convenons-en, une publicité assez médiocre.  

Les Verts ont ajouté "Europe-Ecologie" à l'occasion des élections européennes, ils ont fait un bon score et ont gardé la nouvelle étiquette.  

Au FN, enfin, il y avait une volonté manifeste d'afficher une rupture avec le passé, et même avec le passif du mouvement.  

Mais au Parti socialiste, qu'est-ce qui peut bien motiver cette envie ? On peut voir les choses de deux manières.

Première hypothèse : en rade d'idées et de victoires, les dirigeants socialistes font du changement cosmétique. Ils redécorent la vitrine sans rien changer dans l'arrière-boutique.  

Deuxième lecture : le PS, conscient d'être à un tournant, est prêt à se remettre en cause, en profondeur, y compris dans ce qu'il a de plus intime, c'est-à-dire son nom.  

Après tout, le Parti socialiste a pris cette appellation en 1969, sur les cendres de la SFIO. Il s'est consolidé au congrès d'Epinay, en 1971... et ce fut le début d'une longue marche qui mènera, dix ans plus tard, à l’Élysée.  

Mais en 1991 (déjà !) des hiérarques du PS s'interrogent. Faut-il rebaptiser la formation ? Par exemple en "Parti socialiste et démocratique" ? La question est même posée, lors d'une conférence de presse, au président de la République François Mitterrand. Sa réponse :

« S'ils me demandaient mon avis, je leur déconseillerais. Le parti, c'est le Parti socialiste. Il ne faut pas avoir peur de ce que l'on est. Il ne faut pas craindre son histoire. Il faut avoir confiance en son avenir ! [Un parti], cela représente une telle somme de sacrifices et d'idéal ! Pourquoi laisser cela au bord de la route ? »

Et même aujourd'hui, dans notre époque propice au dégagisme, au désengagement politique, à la lassitude démocratique, il ne faut pas sous-estimer le poids des usages et de l'Histoire.

Un exemple : en 2017, les députés socialistes rescapés de la vague macroniste avaient déjà décidé de changer le nom de leur groupe politique à l'Assemblée nationale.

L'idée était de remplacer notamment le mot « socialiste » par « Nouvelle gauche ». Cela faisait tellement plus moderne.  

Le projet a tenu quelques semaines. Aujourd'hui, plus personne n'utilise cette appellation.  

Frédéric Says

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