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"Dès 2022, nous annulerons tout ce que vous avez fait", a prévenu Jean-Luc Mélenchon, hier soir à l'Assemblée nationale.

2022, c'est déjà demain

3 min
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Après s'être écharpé la réforme des retraites, majorité comme opposition ont (déjà) la présidentielle en ligne de mire.

"Dès 2022, nous annulerons tout ce que vous avez fait", a prévenu Jean-Luc Mélenchon, hier soir à l'Assemblée nationale.
"Dès 2022, nous annulerons tout ce que vous avez fait", a prévenu Jean-Luc Mélenchon, hier soir à l'Assemblée nationale. Crédits : Ludovic Marin - AFP

Peut-être avez-vous regardé l'épilogue, hier soir vers minuit, des motions de censure ? Si vous ne l'avez pas fait, je l'ai fait pour vous... Et il y avait quelques chose qui tenait de l'échauffement pour la prochaine présidentielle. 

Sans surprise, les motions de censure ont été rejetée et le texte sur les retraites a donc été adopté, grâce au 49.3. Ce texte fait figure de dernière réforme passée au forceps. C'est l'ultime grande réforme économique du quinquennat, en tout cas de cette ampleur et de cette impopularité. 

Désormais, l'exécutif va tenter de jouer l'apaisement, le consensus, le dialogue. Emmanuel Macron et Edouard Philippe l'ont d'ailleurs répété aux députés En Marche, pour les redynamiser : nous sommes dans le moment le plus dur, il faut tenir, cela ira mieux ensuite. 

Un discours qui n'a pas empêché quelques défections ces derniers jours. Mais le groupe de La République en Marche reste largement majoritaire à l'Assemblée. 

Il attend avec impatience les prochains mois et espère des projets de loi moins éruptifs, moins tendus : celui sur la dépendance des personnes âgées, par exemple. Ou sur l'écologie. Des sujets majeurs, qui ne font pas consensus certes, mais sur lesquels il est possible d'aller chercher des alliés dans les autres formations. 

Et accessoirement de faire oublier la période de grande tension que nous vivons en ce moment. 

De manière à ce qu'Emmanuel Macron, à l'abord de la présidentielle, passe moins pour un chef de parti que de patrie. 

L'opposition a elle aussi la tête à l'élection de 2022...  

Oui, pour l'instant, les mouvements sociaux n'ont pas fait reculer le gouvernement. Alors même si la gauche récuse le présidentialisme de la Vème République, elle est obligée de s'en remettre à l'élection présidentielle pour sanctionner l'actuel chef de l’État. Hier soir, à la tribune, Jean-Luc Mélenchon l'a d'ailleurs affirmé sans nuance :

"En toute hypothèse, et quoi qu'il arrive, si jamais nous venions à trébucher - ce qui ne se produira pas, croyez-moi - alors, dès 2022, nous annulerons tout ce que vous avez fait". 

Vengeance en 2022, car avant cela, les élections municipales ne se prêtent pas vraiment à sanctionner le pouvoir national, pour deux raisons :

1 - parce que beaucoup de maires sont élus ou réélus en fonction d'enjeux purement locaux. 

2 - parce que La République en Marche est un mouvement jeune, qui n'a donc quasiment pas d'élu, et qu'il est par conséquent difficile à punir dans les urnes. 

Sillon

Mais pour la suite, chacun creuse son sillon. Si vous avez eu l'impression que les oppositions de gauche et de droite faisaient cause commune contre le macronisme, alors cette impression doit changer ; c'est le message passé hier soir par le patron des députés LR, Damien Abad : 

"Dans cette assemblée, il ne peut y avoir une quelconque alliance des oppositions. Voilà pourquoi nous ne soutiendrons pas la motion présentée par la gauche radicale ; car nous ne voulons pas de confusion avec ceux qui sont dans le blocage, la confusion et le déni de réalité. Aux députés de la gauche radicale et insoumise, aux députés du Rassemblement national, je dis : 'entre vous et nous, il y a une digue infranchissable'". 

En résumé et malgré des votes communs : nous n'avons rien à voir avec Jean-Luc Mélenchon. 

Les élections qui arrivent appellent effectivement à l'affirmation de soi, de sa ligne. Fini, le brouillard créé par cette grande mêlée générale des retraites à l'Assemblée. 

Accélération du temps médiatique, quinquennat qui compresse l'exercice du pouvoir : l'esprit est déjà à la suite. 

Les élections régionales, dans un an, seront un préliminaire à la présidentielle, puisque des présidentiables y joueront leur légitimité : Xavier Bertrand candidat dans les Hauts-de-France, Valérie Pécresse en Île-de-France. 

2022, c'est loin, mais c'est déjà demain.

Frédéric Says

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