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Routes nationales : l'abaissement à 80 km/h a été l'un des sujets les plus discutés début février par les Français, selon l'IFOP.

La France des routes contre la France des aéroports

3 min
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La politique des transports expliquerait-elle la chute de l'Exécutif dans les sondages ?

Routes nationales : l'abaissement à 80 km/h a été l'un des sujets les plus discutés début février par les Français, selon l'IFOP.
Routes nationales : l'abaissement à 80 km/h a été l'un des sujets les plus discutés début février par les Français, selon l'IFOP. Crédits : Nicolas Tucat - AFP

Emmanuel Macron tombera-t-il à cause de Bison futé ? Plus précisément, cette France qui prend la route pour aller travailler provoquera-t-elle la chute du chef de l’État dans les sondages ? Pas uniquement parce que quelques centimètres de neige semblent paralyser la cinquième puissance du monde... Non, c'est aussi l’hiver pour le moral des conducteurs : coup sur coup ces dernières semaines, le prix des péages a augmenté, tout comme les taxes sur les carburants. Tandis que la vitesse maximale sur les routes nationales a été abaissée à 80 kilomètres/heure. 

Ce cumul des peines est un peu passé hors des radars médiatiques, parfois trop parisiens, mais l’automobiliste "du quotidien" a de quoi râler. Le chef de l’État perd d’ailleurs 5 points dans le dernier baromètre Ifop-Fiducial. Édouard Philippe en perd 9. Le Premier ministre est celui qui est monté personnellement au front sur l’abaissement de la vitesse. Plus éloquent : quand l'IFOP interroge les sondés sur les sujets dont ils ont parlé avec leurs proches ou leurs collègues, l'abaissement à 80 km/h arrive en seconde position : 74% en ont parlé début février (juste après les inondations). 

Évidemment, la politique routière n’est pas la seule cause à ce trou d’air sondagier. Mais peut-être illustre-t-il un mécontentement plus diffus sur la question. Un sentiment de décalage : le gouvernement s’occuperait en priorité de ce qui brille, de ce qui fascine, de ce qui s’exporte (des premiers de cordées, en un mot)… plutôt que du quotidien, y compris dans ce qu’il peut avoir de banal et de terne. 

Un dossier très important risque d’alimenter très bientôt ce sentiment de décalage. 

Le projet du Grand Paris express. Un gigantesque réseau de métro automatique, prévu pour relier les points névralgiques de la région parisienne. Du centre de la capitale à la grande périphérie, de Châtelet-les-Halles à la Seine-et-Marne. 

Or le gouvernement, confronté à des problèmes de financement, compte modifier le programme prévu, comme le relève le Figaro de ce matin. Certains travaux seraient maintenus, d'autres seraient repoussés aux calendes grecques. 

Parmi les tronçons maintenus tels quel, les travaux vitaux pour les Jeux Olympiques de 2024. C’est à dire les lignes autour de Paris, en petite et moyenne couronne, autour du futur village Olympiques situé à Saint-Denis Pleyel. Serait aussi maintenu aussi le métro vers l’aéroport d’Orly. En revanche, les lignes de la grande couronne seraient retardées de plusieurs années ; notamment la ligne 15, qui devait passer par Champigny, Noisy, Rosny-sous-bois. 

Bien sûr, personne ne peut nier les contraintes financières d’un tel projet, dont le budget a dérapé de 19 milliards à 35 milliards d'euros. Mais, dans la perception des citoyens, cela ne risque-t-il pas d’alimenter un fossé ? De jouer la France des aéroports contre celle des routes et des trains ? Cela recoupe en partie le procès fait à Emmanuel Macron de privilégier la "France mobile", celle des gagnants de la mondialisation. Politiquement, le danger est là. Certes, les Jeux olympiques s’inscrivent dans « l’esprit de conquête » proclamé par Emmanuel Macron pendant sa campagne. Le président dit vouloir "célébrer les héros", pour instiller un état d’esprit positif. Pourtant, peut-être faudrait-il chercher ces héros parmi les usagers des trains à la régularité aléatoire, les automobilistes aux trajets renchéris et les habitants des zones périphériques déconnectés des grandes métropoles.

Frédéric Says

Chroniques
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