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François Hollande devant le parlement réuni en congrès à Versailles, le 16 novembre 2015.

Comment les attentats du 13 novembre ont-ils changé la vie politique ?

3 min
À retrouver dans l'émission

A l’époque, l’exécutif est salué pour son sang-froid dans la gestion des évènements. Mais dans les mois, dans les années qui vont suivre, il n’en sera pas crédité politiquement.

François Hollande devant le parlement réuni en congrès à Versailles, le 16 novembre 2015.
François Hollande devant le parlement réuni en congrès à Versailles, le 16 novembre 2015. Crédits : Eric Feferberg - AFP

C’est un grand silence, lourd, long, pesant, qui accueille François Hollande en ce 16 novembre 2015. 

Nous sommes trois jours après la nuit sanglante. Le président fait son entrée devant le parlement réuni en congrès à Versailles. A cet instant, nulle bisbille politique n’existe plus. Les députés et les sénateurs, quelle que soit leur couleur politique, se lèvent à l’arrivée du chef de l’Etat et l’écoutent évoquer, dès ses premières phrases, “l’unité nationale”. Les jours qui suivent, l’exécutif voit sa cote de confiance progresser dans les sondages. François Hollande, Manuel Valls, le premier ministre et Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur sont salués pour leur sang-froid. 

Ce n’est que plus tard que les fissures apparaîtront dans l’unité nationale. 

A gauche, des reproches sur le projet de déchéance de nationalité ; à droite, des accusations de laxisme. Trois semaines après les attentats, les élections régionales ont lieu, en décembre 2015. Elles sont marquées par une forte poussée du Front national ; mais pas de raz-de-marée.   La gauche au pouvoir conserve tout de même cinq régions sur treize dans l’hexagone. 

A posteriori, et d’un strict point de vue de l’histoire politique, il y a un contraste qu’il faut souligner. 

D’un côté, le pouvoir exécutif de l’époque est donc perçu comme ayant plutôt bien réagi à ces terribles évènements, comme ayant montré de la solidité face à l’imprévu. Pourtant, moins de trois ans plus tard, tous les protagonistes que l’on vient de citer ont été balayés. En 2017, François Hollande ne se représente pas. Manuel Valls échoue à la primaire de la gauche. Et Bernard Cazeneuve prend du champ avec la vie politique. 

Alors pourquoi aucun des hauts responsables de l’époque n’a-t-il pu poursuivre sa carrière au-delà de 2017 ?

Bien sûr, les turbulences du quinquennat Hollande furent nombreuses, en dehors de ces événements tragiques. Les fractures de la majorité, les impasses de la ligne politique, expliquent aussi la fin sans gloire de ce mandat.   Mais tout se passe comme si la société française avait voulu tourner la page de ces journées d’angoisse et de terreur.

Changer de dirigeants pour changer d’air, pour changer d’ère politique. L’exemple paroxystique de ce phénomène est fameux : Churchill, héros de la guerre, fut battu dans les urnes en 1945. Un an plus tard, dans une lettre à De Gaulle, l’ex-premier ministre britannique cite cette phrase de Plutarque : “L’ingratitude envers les grands hommes est la marque des peuples forts”. 

Les responsables politiques finissent par incarner presque physiquement les traumatismes de la nation. On congédie les premiers pour oublier les seconds. 

D’ailleurs, un seul ministre de l’époque des attentats est toujours actif dans la politique nationale : un certain Emmanuel Macron. Il avait pris soin, alors, de se distinguer du gouvernement, en particulier sur la déchéance de nationalité. Et maintenant, pour l’actuel président, la crise sanitaire produira-t-elle le même effet, la même envie de tourner la page ?

Frédéric Says

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