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François Hollande publie un livre de 400 pages sur son expérience élyséenne, "Les leçons du pouvoir".

Dura lex, sed l'Ex

4 min
À retrouver dans l'émission

"L'Ex" revient. A l'occasion de la sortie de son livre, François Hollande s'offre une tournée médiatique et multiplie les critiques contre son successeur.

François Hollande publie un livre de 400 pages sur son expérience élyséenne, "Les leçons du pouvoir".
François Hollande publie un livre de 400 pages sur son expérience élyséenne, "Les leçons du pouvoir". Crédits : François Nascimbeni - AFP

Exercer le pouvoir, était-ce plus dur hier qu'aujourd'hui ? Hier, sans doute : vous faisiez la guerre, vous risquiez votre vie ; quand ce n’était pas une bonne révolution qui venait raccourcir votre règne et votre personne. Sur son trône, le souverain gardait, cela dit, un maigre avantage par rapport à aujourd'hui : il ne subissait pas les conseils publics de son prédécesseur, pour la bonne raison que ce dernier n'était souvent plus de ce monde. 

Tout change. Désormais, sous l’effet conjugué de l’allongement de la durée de la vie et du raccourcissement du mandat présidentiel, on compte de plus en plus d’"ex", ces anciens chefs de l’État toujours en vie. Et des signes de vie, ils ne se privent pas pour en envoyer.    

Nicolas Sarkozy se fait discret - il a d’autres préoccupations en ce moment -, mais François Hollande, lui, sort carrément un livre, qui paraît aujourd’hui. C’est un guide pratique présidentiel, ou plutôt des « leçons du pouvoir » (comme le titre l’indique). Des "leçons"destinées en particulier à son successeur (comme le titre ne l’indique pas). Un manuel pour Emmanuel, en quelque sorte. Car entre les lignes de cet ouvrage, c’est bien l’actuel chef de l’État qui est visé. Un exemple : hier soir, sur le plateau du 20 heures de France 2, voici comment François Hollande a évoqué la réforme en cours du statut des cheminots :  

"Chaque fois que l'on veut aller brutalement et vite, que l'on ne prend pas le temps de la concertation, de la négociation... alors ça ne veut pas dire que la loi ne passe pas (la loi El Khomri est passée). Mais cela veut dire que l'incompréhension est grande".

Soit une leçon de réforme en douceur adressée à son successeur. Plus explicite encore, ce reproche sur les inégalités fiscales :

"Pourquoi aller demander un effort aux personnes à la retraite (avec la CSG), et exonérer de tout effort, et même de consentir un allégement d'impôt (...) pour les très riches". 

On entend donc François Hollande discourir de la méthode, analyser de manière cartésienne ce qu’est un bon ou un mauvais dirigeant. Et l’impression qui s’en dégage est curieuse. Pas simplement parce que l'homme a échoué à se représenter (c'est un peu comme si un redoublant vous faisait réviser votre examen). Mais aussi parce qu’on s’interroge sur le but poursuivi.

"J'aurais pu le battre, mais je n'ai pas voulu"

Certes, le retour sur expérience est toujours utile, même si les librairies ne manquaient pas précisément d’ouvrages sur le quinquennat de François Hollande. Mais pourquoi ces quelques piques pour son successeur ? D'ailleurs, le président socialiste avait lui-même pesté à l’été 2012, quand Nicolas Sarkozy prétendait lui faire la leçon. 

S’agit-il ici tout simplement d’une basse vengeance ; celle du trahi pour le traître ? De celui qui n'a pas su mettre les coups avant l'élection et qui les distribue après ?

François Hollande serait-il jaloux que la République ait été conquise par ce rival, si jeune, si frêle ? Que Marianne l'ait délaissée pour ce jouvenceau enthousiaste ? En cherchant ainsi à justifier, à magnifier son bilan, l’ancien chef de l'Etat fait penser à un ex. Un ex qui se rappelle au bon souvenir, qui fait remarquer qu’avec lui ça n’était pas si mal. Et qui parfois sans le vouloir, roule un peu des mécaniques : 

"J'aurais pu [battre] Emmanuel Macron, mais je ne l'ai pas voulu". 

S’agit-il pour François Hollande de reconquérir Marianne ? En tout cas, il ne ferme pas la porte : "AUJOURD'HUI je ne poursuis aucun intérêt partisan. Je suis AUJOURD'HUI un citoyen". Y aura-t-il un bulletin de vote François Hollande en 2022 ? Il n’aurait alors que 67 ans.   Emmanuel Macron, lui, en cas de défaite, entamerait une carrière d’"Ex"... pour plusieurs décennies.

Frédéric Says

Chroniques
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