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Sept des candidats à la mairie de Paris ont débattu mardi 10 mars, sur franceinfo et France 3 Île-de-France.

A Paris, une primaire pour l'alternance

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Agnès Buzyn et Rachida Dati se disputent le même électorat.

Sept des candidats à la mairie de Paris ont débattu mardi 10 mars, sur franceinfo et France 3 Île-de-France.
Sept des candidats à la mairie de Paris ont débattu mardi 10 mars, sur franceinfo et France 3 Île-de-France. Crédits : Christophe Archambault - AFP

"Qui a le plus de chance de renverser Anne Hidalgo ?" Voici la question qui emplit la campagne, ces derniers jours dans l'opposition. 

Agnès Buzyn et Rachida Dati se se disputent le titre de meilleure adversaire d'Anne Hidalgo. Résultat : les deux candidates (l'une macroniste, l'autre sarkozyste) passent leur temps à s'affronter - laissant paradoxalement la maire sortante mener sa campagne sans heurts majeurs. 

"Le programme d'Agnès Buzyn est vide, c'est une candidate qui s'est retrouvée là par hasard", lance Rachida Dati, en allusion au remplacement impromptu de Benjamin Griveaux. Sa rivale, en retour, critique le "manque de profondeur" des propositions de la droite. 

L'objectif est clair pour les deux rivales : terminer en tête des opposants à Anne Hidalgo au soir du premier tour. Et bénéficier ensuite du "vote utile" de tous ceux qui veulent mettre fin à la mandature socialiste.

Sur le fond, les programmes d'Agnès Buzyn et Rachida Dati ne sont pas si différents...

C'est vrai, il n'y a pas d'antagonismes irrémédiables. Par bien des côtés, ils semblent même quasi-identiques. 

- L'accent mis sur la propreté des rues, avec un recours accru à des entreprises privées. 

- La sécurité avec la création d'une police municipale armée. 

- Sur les transports, un scepticisme affiché sur la politique 100% vélo d'Anne Hidalgo. Et l'on pourrait continuer la liste...

Mais la compétition électorale crée ce miracle que les candidats les plus proches idéologiquement... sont parfois les plus irréconciliables politiquement. 

« Il ne peut y avoir deux crocodiles dans le même marigot » professait Jacques Chirac. En l'espèce, l'on voit bien les deux sauriens s'entre-dévorer dans les arrondissements huppés de Paris. Se disputer le même électorat. 

Car l'enjeu est capital. Paris, c'est l'élection qui donnera le ton des municipales. C'est injuste mais c'est ainsi : l'hypertrophie médiatique autour de la capitale cache parfois le détail des résultats dans le reste du pays. En 2001, les municipales avaient été mauvaises pour Lionel Jospin. Mais la victoire parisienne du socialiste Bertrand Delanoë avait occulté cette contre-performance. 

Voilà pourquoi les deux camps s'activent derrière leur candidate respective.

Agnès Buzyn bénéficie des conseils du très discret Jean-Marie Girier, l'un des hommes-clés de la campagne présidentielle victorieuse d'Emmanuel Macron. Rachida Dati, elle, a demandé le renfort public de Nicolas Sarkozy. 

Mais il demeure un grand flou dans cette élection : quelles stratégies d'alliance pour le deuxième tour ? 

La candidate de LREM a semé le trouble en évoquant des alliances au cas par cas avec la droite, selon les arrondissements. 

La prétendante des Républicains, elle, refuse d'évoquer cette question. "Je veux d'abord passer le premier tour", répète Rachida Dati, comme si elle craignait de ne pas atteindre les 10% nécessaires pour se qualifier. 

C'est un peu la version politique de Guy Roux, l'entraîneur du club de foot d'Auxerre, qui chaque année affirmait modestement que son objectif, c'était "le maintien" en première division. 

Et Anne Hidalgo dans tout cela, me direz-vous ? Elle profite de ce duel du centre et de la droite. Pendant que Dati et Buzyn s'écharpent, elles oublient un peu la maire sortante. 

Et quand Anne Hidalgo est mise en difficulté, elle met en cause l’État, par exemple sur l'insécurité. 

Remarquez, ça n'est pas une stratégie nouvelle. Écoutez cette archive que je vous ai retrouvée, elle date de 1983. Juste avant les municipales. Le maire sortant de Paris s'appelle Jacques Chirac : 

"C'est la faute à l’État". Cette stratégie peut fonctionner : quelques semaines plus tard, Jacques Chirac est réélu maire de Paris, avec le "grand chelem", une victoire dans tous les arrondissements !

Anne Hidalgo n'en demande sans doute pas tant. 

Frédéric Says

Chroniques

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