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"En attendant Godot", de Samuel Beckett - représentation au Centre culturel hellenique de Mexico.

En attendant le tournant social du quinquennat...

3 min
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Est-il pour aujourd'hui ? Emmanuel Macron s'exprime devant le congrès de la Mutualité.

"En attendant Godot", de Samuel Beckett - représentation au Centre culturel hellenique de Mexico.
"En attendant Godot", de Samuel Beckett - représentation au Centre culturel hellenique de Mexico. Crédits : Gustavo Duran / Notimex - AFP

Il y a du Beckett dans ce début de mandat. Certains attendent le tournant social comme d’autres attendent Godot. 

C’est notamment le cas de l’aile gauche de la majorité (pour faire vite, les députés issus du PS). Ils ont accepté d’avaler les couleuvres de la fin de l’ISF et la baisse des APL, avec l’espoir que la suite du menu soit un peu plus à leur goût. Si l’espoir fait vivre, alors cette "aile gauche" est plus vive que jamais. 

Précisons-le tout de suite : elle ne demande pas une bascule vers le collectivisme soviétique, mais une simple inflexion de la politique économique et sociale. Quelques signaux, pour rééquilibrer l'action menée : désormais, 50% des Français classent le parti En Marche à droite sur l'échiquier. Ils n'étaient que 15 % au moment de la présidentielle, selon IPSOS pour Le Monde. Cette aile gauche a pris l’habitude d’utiliser une métaphore : « il faut muscler la jambe gauche du gouvernement ». Autrement dit, faire vivre le « Et en même temps » fondateur, celui qui libère et qui protège, celui qui dynamise l’économie et prend soin des individus.

Emmanuel Macron s’exprimera dans quelques heures devant le congrès de la mutualité. Serait-ce aujourd’hui le grand jour pour ce tournant social ? 

Rien n'est moins sûr. Depuis plusieurs jours, l’exécutif semble s’appliquer à doucher les espoirs trop démesurés. En témoignent les petites phrases distillées dans la presse par l'exécutif. Trois types d’arguments sont avancés : 

- D’abord, rééquilibrer la politique menée, cela reviendrait à accepter l’idée qu’elle était jusqu’ici déséquilibrée.

- Deuxième argument distillé par le gouvernement : le social passe par l’emploi. En d’autres termes, distribuer des prestations, ce n'est pas faire du social.  Argument porté par le chef de l’État lui-même dans une vidéo postée cette nuit par sa conseillère en communication. On voit Emmanuel Macron en train de préparer son discours d'aujourd'hui avec ses conseillers :  

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- Troisième élément de langage. Renforcer le volet social, ça n’est pas le moment. La France retrouve de l’attractivité auprès des investisseurs. Paris est désormais devant Londres en la matière. Toute annonce qui brouillerait le message serait contre-productive. Il faut donc attendre que la renaissance économique soit consolidée, explique le gouvernement. En un mot, c’est Godot qui viendra peut-être demain.

Montures de lunettes

Bien sûr, le chef de l’État ne peut arriver totalement dépourvu d’annonces à ce congrès de la mutualité. On l'a entendu dans le journal de Clara Lecocq-Réale, le gouvernement prépare des mesures sur le remboursement des montures de lunettes et des prothèses dentaires. Cela suffira-t-il ? 

Au moment où une partie de la majorité se dit choquée par le traitement de l’affaire de l’Aquarius, au moment où elle ne voit rien venir non plus sur les réformes sociétales (fin de vie, PMA)... elle va finir par se poser la question : quelle différence entre le "nouveau monde macroniste" et un simple gouvernement de "droite à l’ancienne" ? (excepté, peut-être, la compréhension des enjeux du numérique). 

L’aile gauche, toute à sa patience, risque de se poser les mêmes questions que Vladimir et Estragon, les deux protagonistes de Beckett :  

- Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
- On attend.
- Oui… mais en attendant ?

Frédéric Says

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