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"Il y a un problème de commandement" chez les Républicains, estime l'ancien ministre Gérard Longuet, ciblant Laurent Wauquiez.

Pourquoi la droite ne profite-t-elle pas des difficultés d'Emmanuel Macron ?

3 min
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Elle est la première opposition parlementaire. Mais elle ne parvient pas, pour l'heure, à se présenter en alternative évidente.

"Il y a un problème de commandement" chez les Républicains, estime l'ancien ministre Gérard Longuet, ciblant Laurent Wauquiez.
"Il y a un problème de commandement" chez les Républicains, estime l'ancien ministre Gérard Longuet, ciblant Laurent Wauquiez. Crédits : Philippe Lopez - AFP

A cette question, je pourrais vous répondre : par courtoisie et par éthique. Mais ce serait sans doute passer en partie à côté du sujet. Résumons-nous : voilà le premier parti d'opposition (100 députés Les Républicains à l'Assemblée nationale, une majorité au Sénat, 150 municipalités de plus de 30 000 habitants) incapable de tirer profit des vicissitudes du macronisme. Inapte à se présenter en alternative évidente. 

Cela tient d'abord au fond : sur de nombreux sujets, Les Républicains sont en fait relativement d'accord avec le gouvernement, de la politique pro-entreprises jusqu'au renforcement des ministères régaliens. Ils ne peuvent bien sûr pas le dire, mais personne n'est dupe. En résumé, LR est trop proche de La République En Marche pour cliver efficacement, mais trop éloigné pour lui voler ses électeurs. 

Le parti Les Républicains souffre aussi de ses extraordinaires divisions internes...

Bien sûr, on est loin de l'époque Fillon – Copé, quand un sous-groupe avait été créé pour séparer les deux factions. Souvenez-vous, cela s'appelait l'UMP et le R-UMP. 

Un exemple des divisions actuelles ? Le chèque carburant. C'est une proposition du député Guillaume Peltier et ses amis. Une subvention pour les automobilistes face à la hausse des taxes. Un tract imprimé par Les Républicains a d'ailleurs vanté cette solution. Mais quelques heures plus tard, machine arrière : un autre tract est imprimé, le chèque carburant disparaît. En interne, une partie du mouvement a eu sa peau. Trop démago et trop coûteux pour les finances publiques, expliquent les contestataires. En somme, un chèque (carburant) en bois. Cela révèle l'existence de deux droites en une. L'une libérale et modérée, qui couve du regard les chiffres du déficit. L'autre, post-gaulliste et populaire, volontiers étatiste quand il s'agit de parler à la France d'en bas, selon l'expression consacrée. 

Cette césure s'était déjà manifestée en interne sur le SMIC. Faut-il augmenter le salaire minimum ? Oui, disaient les uns ; Non, s'étranglaient les autres, se traitant mutuellement d'"austéritaires" et de "mélenchonistes". Vous me direz : "et le patron dans tout cela" ? Comme disait Jacques Chirac, un chef, c'est fait pour cheffer... Eh bien Laurent Wauquiez ne parvient pas à s'imposer. Certes, il a fait le ménage dans l'équipe dirigeante. Il s'est ainsi débarrassé à la première occasion de Virginie Calmels, l'encombrante numéro 2, qui avait des velléités d'indépendance. Mais cela ne suffit pas. Ecoutez l'ancien ministre Gérard Longuet, hier sur Public Sénat. Il estime carrément que Les Républicains ont "un problème de commandement" : 

"On découvre des solutions 'bout de ficelle' tous les matins en ouvrant le journal, présentées par LR... sans qu'à aucun moment, les gens qui comptent un peu aux Républicains, notamment les parlementaires, soient associés. Je pense aux initiatives pour sortir de l'argent, genre sapeur camembert, on fait un trou pour boucher un autre. (...) Si ça ne marche pas bien, c'est le dirigeant qui est responsable."

Gérard Longuet est un ancien ministre de Nicolas Sarkozy. L'ex-président, lui aussi, joue son rôle déstabilisateur. Il prend soin de ne jamais soutenir trop fort Laurent Wauquiez, et de ne jamais le suivre dans sa guerre anti-Macron. "Laissons du temps au président", plaide ainsi Nicolas Sarkozy dans le magazine Le Point. Et demain, l'ancien chef de l’État sera à Nice, en compagnie de Christian Estrosi, l'un des adversaires, à droite, de Laurent Wauquiez. Sarkozy et Estrosi inaugureront deux rues. La rue Charles Pasqua et la rue Philippe Séguin. Comme pour rappeler qu'ils ont la main sur la mémoire du parti, quand l'actuel dirigeant ne représenterait qu'un interim, concédé faute de meilleur candidat.

Frédéric Says

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