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"Vivement qu'on signe pour 5 saisons de plus." Cette métaphore du héros de série donne-t-elle une idée de la stratégie pour 2022 ?

Pourquoi les candidats conçoivent leur campagne comme une série télévisée...

3 min
À retrouver dans l'émission

Ou la "netflixisation" de la vie publique.

"Vivement qu'on signe pour 5 saisons de plus." Cette métaphore du héros de série donne-t-elle une idée de la stratégie pour 2022 ?
"Vivement qu'on signe pour 5 saisons de plus." Cette métaphore du héros de série donne-t-elle une idée de la stratégie pour 2022 ? Crédits : UGO PADOVANI / HANS LUCAS - AFP

C'est la première affiche de campagne d'Emmanuel Macron, même si le président n'est pas officiellement candidat.

Un visuel conçu et dévoilé par l'association « Les Jeunes avec Macron », avec l'aval de l’Élysée, ou en tout cas sans son veto.

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Sur cette affiche, l'on voit Emmanuel Macron de profil, sur fond noir. Slogan en lettres blanches et rouges : « Vivement qu'on signe pour 5 saisons de plus ». Et un logo : Avril 2022, Macron.  

La composition graphique, l'allusion à des saisons avec une date de lancement... tout cela rappelle les codes utilisés par Netflix, la plateforme de séries et de films à la demande.

Les "jeunes insoumis" ont d'ailleurs répondu avec les mêmes références : 

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Cette semaine, Marine Le Pen a aussi dévoilé un pan de sa communication. Un logo avec la lettre M, comme Marine Le Pen. Un « M » qui forme ensuite le slogan « aime la France ». 

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Cette animation est visuellement assez proche de celle du générique de Netflix.

Il y a là, non pas une imitation graphique, mais en tout cas une inspiration...  

Au passage, on pourrait faire remarquer au RN que ce n'est pas très patriote de s'inspirer d'un grand groupe américain, tandis qu'il existe une plateforme française, qui s'appelle Salto...

Mais plus sérieusement, cette reprise de l'univers des séries n'est pas tout à fait anodine.

La politique souffre d'un déficit d'attention. Les émissions traditionnelles peinent à retrouver les audiences d'antan. Le public est éparpillé, moins concerné, parfois lassé.

Pendant ce temps, Netflix a su capter une part de cette attention. Près de 8 millions d'abonnés en France. Deux heures de visionnage en moyenne par jour, selon l'entreprise.

Alors, les équipes de campagne l'ont compris : quand la pilule est amère, il faut l'enrober de sucre. Le message politique « Netflixisé », c'est exactement cela.

Par ce choix de communication, les responsables politiques veulent montrer qu'ils vivent avec leur temps.

Et ce n'est pas nouveau. Dans les années 70, le Parti socialiste émettait sur une radio pirate, à l'époque le nec plus ultra, depuis son siège de Solférino.

En 1965, François Mitterrand posait sur son affiche avec un pylône, c'était alors un gage de grande modernité.

Sans oublier Jacques Chirac, qui en 1986, s'affichait tout sourire avec une égérie de la jeunesse :  « je veux dire à Madonna que c'est vraiment chic, c'est vraiment sympa de sa part... ! »

Avec Netflix, rien n'a changé.

Tentative de conquête de l'électorat jeune, bien sûr, mais surtout démonstration du candidat : je suis connecté avec les loisirs de mon temps, et donc avec mon époque.

Netflix comme tampon temporel sur le passeport du prétendant de 2021-2022.  

Mais au-delà de la communication, l'analogie de la politique avec le monde des séries est intéressante parce qu'elle n'est pas absurde.

« Rien ne se passe comme prévu », c'est ainsi que François Hollande décrivait sa longue marche vers la présidentielle.

Comme dans les séries, les campagnes partisanes voient les rebondissements s'enchaîner, les protagonistes apparaître et s'affronter, ou disparaître de manière prématurée. D'autres reviennent quand on ne les attendait plus pour imposer leur vision et leurs idées.

Tout cela par le « bon vouloir » de millions de scénaristes qui s'appellent... les citoyens - électeurs.  

L'équipe
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