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Radars, fiscalité locale, normes administratives... Emmanuel Macron a répondu pendant près de sept heures aux élus normands.

Le marathon d'Emmanuel Macron

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Le chef de l’État a passé près de sept heures en compagnie d'élus locaux dans l'Eure, hier, pour lancer le "grand débat national".

Radars, fiscalité locale, normes administratives... Emmanuel Macron a répondu pendant près de sept heures aux élus normands.
Radars, fiscalité locale, normes administratives... Emmanuel Macron a répondu pendant près de sept heures aux élus normands. Crédits : Ludovic Marin - AFP

Presque sept heures dans l'Eure. Sept heures de débat à Bourgtheroulde en Normandie, avec 650 élus locaux - on en parlait dans le journal. L'image restera, même avec quelle interprétation ? 

Les partisans du chef de l’État souligneront la performance, l'agilité, la connaissance des dossiers du président. Il fut pressé de question sur les radars, la fiscalité locale, les normes incendie, la dématérialisation de l'administration, la proportionnelle, les dotations financières, la fermeture d'une maternité (et on en passe). Il eut une réponse pour chaque sujet. Ils confieront une admiration quasi mystique pour un président qui aurait enfilé non pas ses bottes de 7 lieues mais ses bottes de 7 heures - un chef de l’État dont le seul signe de faiblesse fut thermique, lorsqu'il laissa tomber la veste, après tout de même déjà cinq heures de palabres. 

Les opposants à Emmanuel Macron, eux, y verront un dialogue sous cloche, aussi long qu'aseptisé, protégé par des compagnies de CRS, pour s'assurer qu'aucun gilet jaune ne vienne se mêler aux écharpes bleu-blanc-rouge. 

Les deux visions ne sont d'ailleurs pas forcément contradictoires : l'exercice était sécurisé, mais il n'était pas sans risques. En direct pendant des heures sur les chaines d'info continue, la moindre altercation aurait pu laisser une tache sur le Grand débat national qui commence. 

"Fidel Castro"

Cela dit, on peut noter que les services de l’Élysée ont choisi un lieu plutôt sûr. Le département de l'Eure était dirigé jusqu'à il y a peu par un certain... Sébastien Lecornu.   Désormais ministre, chargé de l'animation du débat, il avait tissé des liens amicaux avec nombre de maires présents hier pour poser des questions au président. Des liens amicaux, sans oublier que le département finance les collèges et une partie des voiries... Les maires n'avaient donc pas forcément intérêt à l'esclandre. 

Mais au-delà de ces considérations, la journée d'hier marque l'extraordinaire résilience de la Vème République, dans ce qu'elle a de centralisé, de présidentiel, de vertical. 

On a dit cette Vème république fragilisée par cette crise. Or,  on a vu des responsables politiques (de la majorité comme de l'opposition) attendre avec impatience la parole présidentielle, la commenter, la décortiquer. Comme celle d'un homme providentiel, dont les syllabes sculpteraient la forme du pays. 

C'est d'ailleurs un paradoxe : tous ceux qui dénonçaient par avance le "grand blabla" de ce débat n'en ont finalement pas perdu une miette. 

Tous ceux qui appelaient Emmanuel Macron à s'exprimer, à sortir de son bunker, à dire sa vision des choses aux Français... Eh bien les mêmes trouvent cette fois qu'il a trop parlé. Florian Philippot le compare même à Fidel Castro (pour la longueur de sa prose, pas pour ses réformes fiscales). 

Au-delà de la prestation scénique du président, sur le fond, il demeure quelques questions non élucidées. Ainsi, le rétablissement de l'impôt sur la fortune l'ISF "n'est pas un tabou", a expliqué hier au micro Emmanuel Macron. Dans sa lettre aux Français il avait pourtant exclu noir sur blanc de revoir ces dispositifs pour l'investissement. Alors hier soir, si Emmanuel Macron a épuisé les maires, il n'a pas épuisé le débat.

Frédéric Says

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