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A l'Assemblée, minute de silence et polémiques bruyantes

3 min
À retrouver dans l'émission

C'était hier après-midi la première séance de questions au gouvernement depuis l'assassinat de Samuel Paty...Et cette séance mérite qu'on y revienne.

Quel contraste entre la minute de silence, à l'extérieur sur les marches de l'Assemblée ; les députés de tout bord, cois et dignes, ceints de leur écharpe tricolore qui effaçait la couleur politique des uns et des autres.   Quel contraste avec l'ambiance à l'intérieur, dans l'hémicycle, quelques minutes plus tard. Au point que Richard Ferrand, le président multiplie les rappels à l'ordre [extrait sonore].

Soyons précis : les huées n'ont pas retenti sur tous les bancs. C'est à droite que les onomatopées s'élèvent, que les discours sont les plus incisifs contre le gouvernement, écoutez le président du groupe LR Damien Abad :  

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"Refusé !" Le mot est répété chaque fin de phrase. Cette figure de style, c'est ce qu'on appelle non pas une anaphore, mais une épiphore. 

Une chose qui ne s'est pas répétée en revanche, c'est donc la trève politique, qui avait eu lieu après les précédents attentats, trèves toujours plus courtes il faut le reconnaître.   Cela montre sans doute que le centre de gravité politique du pays s'est déplacé, qu'après les deuils, les bougies et les fleurs, une partie des Français souhaite cette fois de l'indignation et même de la colère.   Sentiment sans doute peu constructif mais compréhensible pour les partis qui doivent en tenir compte. C'est dans ce bois que LR a taillé ses flêches hier.   A cela correspond aussi un désarroi plus particulier à la droite, voyant le gouvernement s'investir sur la question du séparatisme, une question que le parti Les Républicains pousse depuis des années.   Si le gouvernement reprend ses thèmes de prédilection, sur la liberté économique, sur la fermeté régalienne, que va-t-il rester à LR pour 2022, à part une nostalgie et une absence de candidat ? 

Et à gauche, dans l'hémicycle, l'ambiance a-t-elle été aussi agitée ? 

Non. Les mots d'ordre sont davantage à l'unité nationale. Valérie Rabault au Parti socialiste appelle à faire bloc.  Le communiste André Chassaigne très vibrant, très ému, est applaudi sur tous les bancs, ce n'est pas si fréquent.   Quand à Jean-Luc Mélenchon, il offre son soutien au gouvernement, ça non plus ce n'est pas si fréquent :

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Les détracteurs de Jean-Luc Mélenchon glisseront qu'il a des ambiguïtés à se faire pardonner, après avoir participé il y a un an à une marche à Paris, qui "dénonçait l'islamophobie" mais aussi les lois sur la burqa et sur les signes religieux à l'école, lois qualifiées de "liberticides" par des organisateurs. Le dirigeant de la France insoumise, plus récemment, a aussi choqué en dénonçant d'un bloc « la communauté tchétchène », je cite... On avait connu cet homme politique expérimenté et souvent subtil, moins friand de généralisation. 

Il reste maintenant à l'opposition à trouver son rôle, dans cette période de fébrilité que toutes les divisions attisent. 

Un rôle qui à l'évidence doit se trouver entre les deux extrêmes qu'hier l'on a vu à l'assemblée : entre le silence et le fracas.

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