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Depuis qu'il est élu, Donald Trump a passé près d'un jour sur quatre sur les terrains de golf, selon NBC.

Insultes, paresse, approximations : les dirigeants "populistes" peuvent-ils tout se permettre ?

3 min
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Ils multiplient les faux-pas mais leur cote de popularité reste imperturbablement élevée.

Depuis qu'il est élu, Donald Trump a passé près d'un jour sur quatre sur les terrains de golf, selon NBC.
Depuis qu'il est élu, Donald Trump a passé près d'un jour sur quatre sur les terrains de golf, selon NBC. Crédits : Alastair Pike - AFP

Y aurait-il un "deux poids-deux mesures", dans ce que nous attendons de nos dirigeants ? 

Prenez l'exemple hautement sensible des vacances des responsables politiques. En France, les présidents osent à peine se montrer en train de faire bronzette. 

Souvenez-vous des tombereaux de moqueries à l'égard de François Hollande en short... Il avait eu l'outrecuidance de prendre deux semaines de congés payés ! C'est d'ailleurs à ce moment précis, en août 2012, que sa cote de popularité avait décroché. 

Surtout pas d'images de farniente ! Emmanuel Macron, lui, est resté quasi-enfermé dans le fort de Brégançon. L'Elysée précise qu'il a emporté ses dossiers pour travailler. Nous voilà rassurés. 

Tournons maintenant nos jumelles vers les dirigeants dits "populistes". 

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En Italie, Matteo Salvini en Italie vient de conclure une longue "tournée des plages". Cocktails, sable blanc et photos torse nu, pour celui qui était encore ministre de l'Intérieur. Ses soutiens n'ont pas l'air de lui en vouloir. D'ailleurs, son parti, la Ligue, est toujours largement en tête des enquêtes d'opinion. 

Et que dire de Donald Trump ? Le président américain passe une bonne partie de son temps au golf, dans sa propriété de Mar a Lago, en Floride. Selon les calculs de la chaîne NBC, pendant les 600 premiers jours de son mandat, Trump en a passé 153 à affûter son swing. Soit près d'une journée sur quatre. Et pourtant, là encore, aucun de ses électeurs ne semble lui en tenir rigueur...

Y aurait-il donc une forme d'indulgence pour ces candidats élus hors du cadre, "contre le système", en contestant toutes les règles, y compris celles de la bienséance ? 

C'est d'ailleurs la même chose, si on observe bien, pour ce qui concerne les chiffres. Donald Trump, ce week-end au G7, a vanté un accord commercial avec le Japon qui va rapporter des "milliards et des milliards de dollars", dit le président américain...  « Milliards et milliards » : il y a de quoi être bouleversé par autant de précision... Cela fait penser à ces créneaux quand vous attendez une livraison entre 6h et 19h30. 

En revanche, malheur à celui de nos gouvernants disons "classiques", qui auraient le toupet de se tromper sur un chiffre après la virgule. 

Il ou elle sera immédiatement cloué au pilori médiatique pour "incompétence". C'est ce qui arriva à la ministre Jacqueline Gouraut, épinglée pour ses imprécisions [extrait sonore]. 

Morale de l'histoire : mieux vaut parler de "milliards et milliards", avec une coiffure ébouriffée, personne ne le remarque, personne ne vous reproche rien. 

Décoiffant

Deux poids-deux mesures : on peut traduire l'expression en anglais par "double standard". Et puisqu'on évoque l'Angleterre, il est d'ailleurs fort à parier que le phénomène sera identique pour Boris Johnson, le décoiffant Premier ministre britannique. 

Sera-t-il traqué dans ses moindres hésitations, dans ses moindres imprécisions, comme le fut sa prédécesseure, la très sobre Theresa May ? Bien sûr que non. L'on s'amusera de ces outrances, l'on oubliera ses béances. 

Voilà pourquoi la démocratie traditionnelle s'autodétruit peut-être plus vite que les démagogues nouvelle génération. 

Salvini, Trump, Johnson, Bolsonaro peuvent multiplier les provocations, les approximations, les auto-satisfactions. 

Après tout, à campagne foutraque, gouvernance foutraque. Il n'y a pas de décalage entre la promesse initiale et l'action au pouvoir. Et c'est peut-être de là qu'elle vient, notre indifférence... De cette impression que tout cela était écrit dans le contrat de départ.

Frédéric Says

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