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Le budget de l'Elysée représente 110 millions d'euros chaque année.

Dis-moi ce que tu dépenses, je te dirai qui tu es

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Le budget des institutions (Elysée, Sénat, Assemblée...) a été passé au peigne fin par l'ancien député René Dosière, spécialiste des dépenses publiques.

Le budget de l'Elysée représente 110 millions d'euros chaque année.
Le budget de l'Elysée représente 110 millions d'euros chaque année. Crédits : Régis Duvignau - AFP

Le magazine L'Obs publie cette semaine un dossier consacré aux dépenses publiques, plus précisément au budget des institutions, au premier rang desquelles l'Elysée. 

Ce dossier s'appuie sur les travaux de René Dosière, ancien député socialiste, qui s'est fait une réputation (élogieuse et transpartisane) par sa chasse aux chiffres, sa traque des dépenses bien souvent opaques dans notre Vème république. 

Avant d'entrer dans le détail de ces dépenses, il faut d'abord se féliciter d'une évolution. Sur la longue période, les budgets, en particulier celui de l'Elysée, sont de plus en plus transparents. 

Depuis 2008, ce budget est publié. Nicolas Sarkozy voulait ainsi marquer la rupture avec son prédécesseur, Jacques Chirac. 

Cette transparence permet aussi de noter les différences entre les présidents récents dans leur utilisation des deniers de l'Elysée. Le péché mignon de Nicolas Sarkozy, justement, ce furent les sondages. 40 000 euros par semaine dépensés en études confidentielles. Sans doute utile pour tâter le pouls du pays, mais le pays, s'il avait été au courant de ces dépenses, aurait justement sans doute vu son pouls accélérer. 

René Dosière relève aussi un mini-gouffre financier des années Sarkozy : le sommet de l'Union pour la méditerranée. C'était le grand projet du début de mandat, réunir dans une institution les dirigeants des deux rives. 

Résultat, nous dit l'ancien député : 17 millions d'euros pour un colloque qui aura duré 3 heures, soit 58 000 euros la minute. 

François Hollande lui est plus à classer parmi les fourmis que les cigales... 

C'est vrai : le mandat s'est achevé en eau de boudin, mais l'ancien président peut au moins revendiquer ses économies à l'Elysée. Il a raboté les coûts, diminué le nombre de voitures, baissé sa propre rémunération, remis à plus tard des travaux. 

Conséquence : la Cour des comptes lui a même reproché de ne pas assez dépenser... ! 

Les sages ont estimé que certains travaux dans les palais de la République étaient trop différés, et que leur mise en oeuvre coûterait encore plus cher si l'on attendait trop. Des travaux que François Hollande était réticent à engager alors même qu'il demandait des efforts aux Français, souvenez-vous du "ras-le-bol fiscal". Résultat : l'Elysée a pu mettre de côté des réserves budgétaires... 

Des réserves qui ont d'ailleurs servi à son successeur ! 

Oui, c'est un cadeau bien involontaire - on connaît les relations fraîches entre François Hollande et Emmanuel Macron. Mais le second a pu utiliser la cagnotte laissée par le premier. Car les dépenses du palais présidentiel sont reparties à la hausse : 7% de dépenses dans la première année pleine du mandat d'Emmanuel Macron. 

Ce qui est intéressant, c'est que ce montant est assumé par l'Elysée. "Nous travaillons plus, nous voyageons plus, nous recevons plus" explique le directeur de communication de la présidence dans l'Obs cette semaine. François Hollande appréciera. 

L'entourage d'Emmanuel Macron met aussi en avant le développement des fonds propres ; c'est-à-dire par exemple les ventes de bibelots, de vêtements siglés de l'Elysée et autres produits dérivés. 

Argument vrai mais symbolique : ces ventes ont rapporté 100 000 euros sur un an. Bien loin de la hausse des frais alimentaires : 500 000 euros pour les dîners et les déjeuners, sans compter les travaux du Fort de Brégançon, lieu de villégiature présidentielle, qui coûteront 1 million et demi d'euros sur le quinquennat.

"Un café par mois"

Mais en la matière, il faut toujours prendre soin de resituer les proportions. Le budget annuel de l'Elysée représente un peu plus de 100 millions d'euros.

Les dépenses publiques sont elles de 1300 milliards chaque année. C'est donc 0,008% du total. Ou comme l'a calculé le député de centre-droit Jean-Christophe Lagarde chez nos confrères de France Inter :  

C'est vrai. Cela dit, attention aux symboles. Souvenez-vous, les Gilets jaunes n'avaient pas seulement contesté le prix du carburant. 

Parmi les motifs de colère, sur les pancartes et les réseaux sociaux, il y avait aussi le changement de vaisselle à l'Elysée et la piscine installée à Brégançon. 

Des dépenses qui peuvent coûter cher, dans les deux sens du terme. 

Frédéric Says

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