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Jean Castex et Anne Hidalgo près des anciens locaux de Charlie Hebdo après l'attaque du 25 septembre 2020

Emmanuel Macron à l'épreuve du séparatisme

4 min
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Le président a longtemps différé ses prises de position et de décision sur la laïcité, l'islam politique et ce qu'il nomme aujourd'hui le "séparatisme" d'avec les lois de la République. Il annoncera, ce jour, depuis Les Mureaux qu'un projet de loi sera déposé avant la fin de l'année.

Jean Castex et Anne Hidalgo près des anciens locaux de Charlie Hebdo après l'attaque du 25 septembre 2020
Jean Castex et Anne Hidalgo près des anciens locaux de Charlie Hebdo après l'attaque du 25 septembre 2020 Crédits : Alain Jocard - AFP

Depuis le début du quinquennat, on attend qu’Emmanuel Macron s’exprime sur la place de l’islam et qu’il clarifie sa pensée sur sa conception de la laïcité. Mais « Je l’ai déjà fait 40 fois » répondait-il sur un ton agacé à des journalistes, en début d’année, qui le sollicitaient encore une fois.

Emmanuel Macron semble mal à l’aise sur ces questions. Il donnait jusqu’ici l'impression de différer sans cesse sa prise de position et sa prise de décision.  En réalité, il semble plutôt qu’il ne s'était pas complètement fait une religion et qu'il a évolué sur la question. 

Avant son élection, le 12 juillet 2016, à l’occasion du discours qu’il avait prononcé à la Maison de la Mutualité, à Paris, il avait livré un aperçu de sa conception de la diversité culturelle et cultuelle de la société française. "Tous ceux qui sont dans cette salle sont français, affirmait-il, qu’ils s’appellent Jean ou Malika, parce que l’identité française est un projet, elle n’est jamais étriquée". Il considérait alors que la République avait émancipé les individus et qu’elle avait donc vocation à les accueillir tous, avec leurs différences, y compris religieuses.

Deux ans plus tard, en mars 2018, à l’occasion du grand débat avec les intellectuels sur France Culture, il avait précisé sa pensée : "Je ne demanderai jamais à personne de croire modérément ou pas. Ca ne m’intéresse pas, avait-il expliqué. En revanche, je demande absolument de respecter toutes les règles de la République".  Autrement dit, s’il y a des radicaux, des fondamentalistes, ça n’est pas forcément très grave, en tous cas ce n'était pas son problème. Tant qu’ils restent dans les clous des règles républicaines, Emmanuel Macron n’y voyait alors rien à redire. 

Une rupture semble s’être opérée, chez lui, avec l’attentat à la préfecture de police de Paris, en novembre 2019. Il s’est aperçu qu’il ne pouvait pas laisser impunément prospérer les radicalités dans les zones d’ombre de la République. C’est d’ailleurs à partir de ce moment-là qu’il envisage de prendre des mesures et qu’il décide de parler de "séparatisme".  Cette évolution sémantique est destinée à nommer le problème sans toutefois stigmatiser la religion musulmane contrairement, selon le chef de l’Etat, au terme "communautarisme" avec lequel il dit être mal à l’aise. 

Mais le risque, met en garde l’universitaire spécialiste de l’islam Gilles Kepel, est que si on ne considère et on ne traite que les phénomènes de séparatisme, on rate l’essentiel, à savoir la détection et la prévention du processus qui conduit au séparatisme. Et ça, affirme Gilles Kepel, c’est instauré par le communautarisme, par le repli communautaire. 

Mal nommer un objet, disait en son temps un philosophe dont nous tairons ici le nom, n'est-ce pas ajouter au malheur de ce monde ?

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