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Emmanuel Macron doit célébrer le 150ème anniversaire de la proclamation de la République par Léon Gambetta.

Emmanuel Macron célèbre le "patriotisme républicain"

3 min
À retrouver dans l'émission

Il voit dans ce concept un remède à l'éclatement et à la violence de la société française. Mais avec quelles solutions ?

Emmanuel Macron doit célébrer le 150ème anniversaire de la proclamation de la République par Léon Gambetta.
Emmanuel Macron doit célébrer le 150ème anniversaire de la proclamation de la République par Léon Gambetta. Crédits : Ludovic Marin - AFP

Une cérémonie et un discours au Panthéon, ce matin, pour les 150 ans de la proclamation de la République par Léon Gambetta. Et ce n'est pas uniquement la célébration obligée d'une vieille page d'Histoire. 

Les tourments actuels de la société française donnent une actualité aux questions sur la République, sur sa devise aussi, liberté – égalité – fraternité. Et c'est ce que le chef de l’État va faire. Il est attendu sur ce thème qu'on appelle « régalien », faute de mieux.

La droite lui reproche des "faiblesses coupables" sur l'autorité de l’État. 

La gauche lui impute une posture "trop dure, trop martiale", dans le maintien de l'ordre. 

Voilà les sables-mouvants du débat public, dans lesquels une parole de trop l'enfoncerait. 

Emmanuel Macron ne fera pas taire ces critiques, c'est évident, mais il a l'occasion d'expliquer sa vision. 

Souvent dépeint comme le promoteur d'une start-up nation sans racine, où l'efficacité importe plus que le collectif, Emmanuel Macron veut montrer qu'il s'agit d'une caricature. Qu'il y a dans son champ idéologique aussi bien du Madelin que du Chevènement. 

Il y a une semaine, devant les journalistes accrédités à l'Elysée, il avait longuement plaidé pour l'avènement d'un « patriotisme républicain », je cite. 

Formule forte mais assez vague : « Patriotisme républicain », on ne sait pas si le concept tient de la tautologie ou de l'oxymore. 

Ces mots sont en tout cas présentés par Emmanuel Macron comme des remèdes à la violence, dont il affirme qu'elle se banalise, sans utiliser le mot « ensauvagement ».

Le chef de l’État a d'ailleurs bien compris le piège sémantique et il s'en tient éloigné. 

Eloigné aussi de la querelle de chiffres sur la violence. Une bataille jusqu'au sein de son gouvernement : son ministre de l'Intérieur affirme qu'elle s'intensifie, cette violence, et son ministre de la Justice indique qu'elle est stable depuis des années. 

Quand on y pense, les deux affirmations ne sont d'ailleurs pas forcément contradictoires : il peut y avoir autant de faits de délinquance d'une année sur l'autre, mais qui deviennent plus intensément violents ou pour des motifs plus futiles. 

Par ailleurs, si à la suite d'une agression, vous décidez de ne plus porter de bijoux ou de changer d'itinéraire, en somme, vous vous adaptez à la violence, qui existe toujours, mais qui génère moins de statistiques, précisément par votre comportement d'adaptation. 

On renverra à ce sujet à un excellent article du Monde, cette semaine, sur le sentiment d'insécurité à Bressuires, petite ville de 20 000 habitants dans les Deux-Sèvres. Qui raconte cette adaptation à la délinquance, où le patron d'un bar est obligé d'embaucher un garde du corps et de protéger sa terrasse des altercations. 

Souvent accusé d'être laxiste voire naïf sur ces sujets, Emmanuel Macron doit montrer ce qu'est le macronisme régalien. Et il ne veut pas, ne peut pas se cantonner à une vision trop pessimiste. 

Il y aura bien sûr dans quelques semaines une loi de lutte contre le séparatisme, mais son ode au « patriotisme républicain », ce matin, doit célébrer au contraire la réunion, le commun, l'apport de tous ; seront citées des figures comme Félix Eboué, Marie Curie, Léon Gambetta et Jospéhine Baker.

Ni alarmisme, ni naïveté ; ni marasme, ni fantasme, Emmanuel Macron veut incarner - il le répète - l'unité, la France unie. Façon François Mitterrand lors de sa réélection en 1988. 

Voilà pourquoi la cérémonie de ce matin pourrait ressembler à un avant-goût de la future campagne présidentielle du candidat Macron. 

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