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Des badges à l'effigie du candidat EELV à Paris, David Belliard. Il affiche comme ambition de dépasser Anne Hidalgo (PS, maire sortante) au premier tour.

Jusqu'où iront les écologistes ?

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EELV affiche des ambitions d'hégémonie pour les élections municipales, quitte à crisper les partenaires traditionnels.

Des badges à l'effigie du candidat EELV à Paris, David Belliard. Il affiche comme ambition de dépasser Anne Hidalgo (PS, maire sortante) au premier tour.
Des badges à l'effigie du candidat EELV à Paris, David Belliard. Il affiche comme ambition de dépasser Anne Hidalgo (PS, maire sortante) au premier tour. Crédits : Thomas Samson - AFP

Qui aurait cru un jour que ce parti - jadis un microcosme de courants, de rivalités et de querelles d'appareil - serait en passe de prendre l'ascendant sur la gauche française ? 

EELV a mué ces dernières années, au point de devenir un acteur-clé des prochaines élections municipales. Le parti ne cache pas ses espoirs de gagner des grandes villes comme Besançon, Montpellier, voire Lyon. 

Il ne cache pas, non plus, sa satisfaction, de mener des listes de rassemblement de la gauche, ainsi qu'à Bordeaux, où cette fois, c'est le Parti socialiste qui joue les supplétifs... 

Symbolique retournement de l'histoire, quand on sait qu'au début des années 2000, le socialiste Bertrand Delanoë dressait ce constat : "les Verts, il suffit de leur donner deux ou trois postes pour les calmer". Changement de rôle entre ceux qui font l'aumône et ceux qui la reçoivent. 

Qu'il semble loin, le temps du premier candidat écologiste à la présidentielle, René Dumont en 1974 : 

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Ce courant de pensée semblait alors un idéalisme vaguement sympathique. Ses descendants politiques sont aujourd'hui des ultra-réalistes. 

Peut-être parce qu'entre-temps, la réalité du changement climatique est devenue claire comme de l'eau de roche. Comme le disait Paul Morand, "au printemps, le froid meurt de chaud". Mais cela, c'était du temps où il faisait froid en hiver... 

Pour les écologistes, attention tout de même à l'excès de confiance. 

L'excellent score aux européennes montre certes qu'il y a une appétence pour le projet de société écologiste. Mais les municipales ne sont pas les Européennes. Notamment parce qu'il y a un second tour, des alliances à nouer, des synthèses à opérer. 

De même, cette volonté de devenir un parti central - volonté que chez les verts on appelle "l'ambition", chez ses partenaires "l'arrogance" - est une stratégie risquée. 

Prenez la ville de Lille, par exemple. Les Verts ont fait partie de la majorité municipale de Martine Aubry pendant tout le mandat. Ils se présentent contre elle au premier tour. Jusque là, pourquoi pas, c'est le jeu, il s'agit de se compter, avant de se rassembler au second tour. 

Mais pour justifier leur cavalier seul, les Écologistes sont obligés de cliver, de se distinguer de la maire sortante, de l'accuser de "bétonner la ville". Pour faire simple : de lui taper dessus. 

Illustration de cet état d'esprit en une phrase, celle du candidat vert Stéphane Baly : « Je n’envisage pas la configuration où je serai derrière Martine Aubry », citée par l'Obs

En ces terres nordistes de Roger Salengro et de Pierre Mauroy, la sentence aurait presque des allures de blasphème. 

Manivelle

Elle place maintenant les écologistes dans une obligation de résultat. Sinon, gare au retour de manivelle au soir du premier tour. 

A Lille comme ailleurs, entre "roses" et "verts", la main tendue s'est muée en bras de fer ; la recherche de l'harmonie en quête de l'hégémonie. 

Y aura-t-il après mars prochain un écologisme municipal, comme autrefois on parlait d'un socialisme municipal ? 

Ce serait autant de points d'appui pour glaner ensuite des sénateurs verts, pour démultiplier les troupes de militants, pour faire éclore des cadres. 

Cela dans l'optique de la présidentielle, pour montrer à gauche que les plus forts, évidemment c'est les Verts.

Frédéric Says

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