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De retour à la Maison Blanche, après son hospitalisation liée à la covid-19, Donald Trump a posé devant les photographes.

La santé des présidents, un enjeu très politique

4 min
À retrouver dans l'émission

Depuis sa sortie de l'hôpital, Donald Trump enchaîne les déclarations sur son éclatant état de forme. D'autres avant lui ont fait de leur condition physique un atout... ou un secret.

De retour à la Maison Blanche, après son hospitalisation liée à la covid-19, Donald Trump a posé devant les photographes.
De retour à la Maison Blanche, après son hospitalisation liée à la covid-19, Donald Trump a posé devant les photographes. Crédits : Nicholas Kamm - AFP

Il est de retour et il veut que ça se sache. Donald Trump, tout juste sorti de l'hôpital, a multiplié les apparitions. 

« Ne soyez pas effrayé par le coronavirus », dit-il à la population. [extrait sonore]. "Je m'en suis sorti, ne laissez pas le virus vous dominer", exhorte le président américain, qu'on voit sortir de son hélicoptère et rejoindre la Maison blanche, sur fond de musique héroïque... 

Evidemment, c'est de bonne guerre. Montrer la résilience du chef de l’État, candidat à sa réélection. Même si cette communication a parfois frisé le grotesque, pour faire dans l'euphémisme. 

Ses communicants ont même fait de cette contamination un argument de campagne : 

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Il fallait oser. 

Mais au-delà de ces ficelles un peu grosses, sinon grossières, cette actualité nous rappelle combien la santé est un attribut qui accompagne le pouvoir. 

François Mitterrand a caché le plus longtemps possible son cancer. Le grand public l'apprend le 16 septembre 1992, onze ans après l'entrée du socialiste à l'Elysée. Le chef de l'Etat, à sa sortie de l'hôpital Cochin, dément avoir songé à démissionner : 

"Il n'y a pas de raison, je ne pense pas qu'on m'ait enlevé un lobe du cerveau, car ce n'est pas de ce côté que ça se passe ! Je tiens simplement à vous dire que dans la hiérarchie des choses agréables, ça ne vient pas au premier rang..."

Pas au premier rang des choses à révéler non plus, visiblement. 

Serait-ce encore possible aujourd'hui ? 

Pas sûr. En octobre 2007, Nicolas Sarkozy avait dû être opéré d'un phlegmon à la gorge. Il s'était envolé juste après pour le Maroc, où il avait glissé cette allusion : 

"Je suis arrivé, j'étais un peu fatigué. Je repars, je suis en pleine forme. Il faut vraiment que je revienne. Merci !"

Mais quelques semaines plus tard, l'information sortait dans la presse. 

A son poste, un président de la république doit assurer et rassurer. C'est ce qu'a tenté de faire Jacques Chirac, après son accident vasculaire cérébral, en 2005. A la sortie du Val-de-Grâce, il a fait cette déclaration dans un grand sourire : 

"Pour ne rien vous cacher, je commençais à trouver le temps long. Particulièrement à l'heure du déjeuner que je suis très content maintenant d'aller prendre !"

Confiance et transparence, nous y sommes. Il y a cette phrase « pour ne rien vous cacher » et cette allusion à l'appétit, qui va donc tout va. Message à peine subliminal. Après tout, être « bon vivant », c'est déjà être vivant.

Facettes

Les mensonges sur la santé sont devenus moins faciles, avec l'omniprésence des images, l'abondance des commentaires. Les mises en scène de l'ancien président algérien Bouteflika étaient conçues pour rassurer la population. Pour montrer que le fauteuil du pouvoir n'était pas vacant. Mais ces images alimentaient autant la rumeur qu'elles ne l'éteignaient. 

Car la question de la santé des dirigeants interroge deux facettes démocratiques. 

D'abord, la permanence du pouvoir : est-il toujours aux commandes ? Mais aussi la pertinence : est-il en état de bien l'exercer, ce pouvoir ? 

Vladimir Poutine se montrant en train de chasser ou de chevaucher torse nu un étalon ne vise pas autre chose. Il veut montrer la pleine possession de ses moyens. Le revers de cette stratégie est le suivant : en 2015, dix jours sans apparition publique du président russe avaient interrogé sur son état de santé. 

Mais on parle ici de condition physique : la santé mentale, c'est encore autre chose. En 1920, le président français Paul Deschanel doit démissionner, accablé de rumeurs qui le disent fou. 

Cela dit, une élection se joue-t-elle sur l'équilibre psychologique des candidats ? Le prochain scrutin aux Etats-Unis devrait nous en apporter une réponse...

Frédéric Says

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