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La salle des conférences au Sénat

Les sénatoriales, réplique des municipales

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Dans la moitié des départements, les conseils municipaux se réunissent aujourd'hui pour désigner les grands électeurs qui renouvelleront la moitié des sénateurs le 27 septembre prochain. Les écologistes devraient pouvoir constituer un groupe mais les grands équilibres politiques resteront inchangés.

La salle des conférences au Sénat
La salle des conférences au Sénat Crédits : Eric Feferberg - AFP

Après les élections municipales dont le second tour s’est tenu il y a un peu moins de deux semaines, les élus locaux ont désormais l’esprit tourné vers les sénatoriales qui se tiendront le dernier dimanche de septembre, le 27. 

On va renouveler la moitié du Sénat soit 172 des 348 sénateurs (c'est la règle. Le Sénat est renouvelé pour moitié tous les 3 ans). Sont concernés les départements dont les numéros administratifs vont de 1 à 36. 1 pour l’Ain, 36 pour l’Indre ainsi que les départements portant les numéros allant du 67, le Bas-Rhin, jusqu’au 90, le Territoire de Belfort. 

Si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce que toutes les communes des départements concernés, que ce soit les petites communes de quelques dizaines de résidents ou les grandes villes de plus de 100 000 habitants, vont réunir, ce vendredi, leurs conseils municipaux afin de désigner un peu plus de 80 000 grands électeurs qui éliront les sénateurs. 

Les grands électeurs, à 95%, sont composés de conseillers municipaux. C’est la raison pour laquelle les sénatoriales constituent une sorte de réplique du scrutin municipal.  Plus vous avez d’élus portants vos couleurs, plus vous avez de chances de faire élire des sénateurs. 

C’est un peu comme si on prenait une photographie des grands équilibres politiques qui sont ressortis des élections locales que constituent les municipales. 

Pas de vague verte aux sénatoriales 

Nous allons nous apercevoir que la vague verte dont on a beaucoup parlé est d’une ampleur beaucoup moins importante que ce que sa résonance médiatique nous a laissé penser. Autrement dit, il apparaîtra que la vague qui a porté les écologistes au pouvoir dans un certain nombre de grandes villes n’est qu’une vaguelette. 

Pour comprendre, prenons l'exemple de la Gironde, avec Bordeaux pour capitale. Bordeaux a basculé dans le giron écologiste à la surprise générale le 28 juin dernier. 

Le département de la Gironde envoie six sénateurs au Palais du Luxembourg.  

Pour les élire, les conseils municipaux de tout le département vont désigner ce vendredi environ 3500 grands électeurs. Sur ces 3500 délégués, la ville de Bordeaux en promeut 350, soit un dixième.  

Et il ne faut pas oublier que si les verts sont arrivés au pouvoir à Bordeaux, c’est grâce à un jeu d’alliances avec les autres forces de gauche. Il devrait donc y avoir des tractations entre alliés en vue des sénatoriales. 

Dans ces conditions, Il est fort probable que le département de la Gironde envoie au mieux un élu écologiste sur les bancs du Sénat, à Paris. 

Et ce sera le même scénario dans les autres départements. Les Verts peuvent espérer un sénateur avec Strasbourg, un ou deux avec Lyon et Marseille, éventuellement un avec Besançon, un ou deux autres ici ou là. Si l’on y ajoute les trois sénateurs écologistes qui siègent déjà à la chambre haute, ils vont pouvoir constituer un groupe (ils doivent être dix au minimum), mais ce sera un tout petit groupe de dix, douze voire peut-être treize élus.  

Ce sera à l’image de ce qu’a été le vote en faveur des écologistes aux élections municipales. Ils n’ont remporté qu’une douzaine de villes de plus de 20 000 habitants, pas plus.  A quoi il faut ajouter que le vote écologiste s’est concentré dans les centres villes. Il s’est très peu exprimé en périphérie ainsi que commencent à le montrer un certain nombre de reportages. (je vous invite notamment à lire celui réalisé par Mathieu Perisse, publié par Mediacités, qui s'intitule "dans la métropole de Lyon, la vague écolo n'a pas franchi le périph' "). 

Par comparaison, la droite républicaine reste majoritaire dans près de 250 villes de plus de 20 000 habitants, la gauche, qui reste assez souvent structurée autour du Parti Socialiste, a remporté 150 villes de plus 20 000 habitants). Les formations politiques traditionnelles, qui dominaient le paysage politique du "vieux monde" si l’on peut dire, sont en réalité les vrais vainqueurs du scrutin municipal. 

Il y a peu de changement à attendre au Sénat 

La nouveauté sera bien sûr, on vient d’en parler, ce petit groupe écologiste qui va voir le jour. Ce ne sera d’ailleurs pas une nouveauté mais une reconstitution. Il y a déjà eu un groupe écologiste au Sénat qui a été dissous en 2017. 

Pour le reste, la droite républicaine devrait rester majoritaire avec un peu plus de 140 sénateurs. Le groupe socialiste devrait conserver voire augmenter un peu ses effectifs (les socialistes comptent actuellement 71 sénateurs). Même chose pour les centristes avec un groupe d’une cinquantaine d’élus. 

Le groupe de la majorité présidentielle, le groupe La République En Marche, en revanche, pourrait, lui, connaître une forte érosion. Il compte actuellement vingt-quatre sénateurs dont douze sont renouvelables. La plupart d’entre eux avaient été élus sous les couleurs de la gauche en 2014. 

Or aujourd’hui, en 2020, compte tenu du résultat des récentes municipales, les grands électeurs compteront dans leurs rangs très peu de marcheurs et il est fort probable que, dans bien des cas, ils ne reconduiront pas les sortants. Même le fidèle lieutenant d’Emmanuel Macron au Sénat, le sénateur de la Côte d’Or François Patriat, est semble-t-il menacé. 

Le scrutin du 27 septembre devrait donc une nouvelle fois montrer que le Sénat est une chambre rétive au changement, un peu hors du temps, Mais également un pôle de stabilité dans un monde politique qu'on décrit souvent en plein bouleversement.

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