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Payer des sondages pour désigner son candidat

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Voici le choix qu'a fait le parti Les Républicains.

Qui a dit que la droite manquait d'imagination ? Le parti Les républicains, engoncé depuis des mois dans une querelle pour trouver la meilleure méthode de sélection de son candidat, a dégainé cette semaine une procédure inédite.  

Le nom du futur prétendant dépendra des sondages. Jusqu'ici, vous me direz, rien de très novateur.  

On sait que les études d'opinion font déjà partie des critères déterminants pour se lancer dans la course. Avec d'ailleurs de nombreux ratés, Alain Juppé ou Edouard Balladur pourraient en témoigner.  

Mais la différence, cette fois, c'est que LR ne va pas se contenter de lire les sondages ; le parti va les commander lui-même.  

C'est Christian Jacob, le patron du mouvement, qui en fait l'annonce lui-même.  

Deux vastes études d'opinion vont être diligentées, à l'initiative du parti, en septembre et en octobre.  

Des enquêtes auprès de 15 000 sympathisants de la droite et du centre, nous est-il précisé.  

L'objectif est de voir si un champion se détache clairement. Auquel cas, il n'y aura pas besoin d'une primaire.  

Depuis des mois, cette idée de primaire hérisse une bonne partie des Républicains...

Absolument, les cadres du mouvement n'ont pas oublié que la primaire de 2016 s'est transformée en machine à baffes.

Elle a poussé François Fillon à mettre en cause la probité de Nicolas Sarkozy ; elle a poussé Nicolas Sarkozy à moquer l'angélisme d'Alain Juppé. Elle a poussé Alain Juppé... vers la sortie tout simplement.

Après ça, bon courage pour vous rassembler et mener la campagne présidentielle ensemble. D'ailleurs, si François Fillon a manqué de soutien de la part de sa famille politique au moment des affaires, c'est aussi parce que les plaies de la primaire n'avaient pas été vraiment refermées.  

La problème de la primaire, c'est que c'est un peu le pire des systèmes à l'exception de tous les autres. 

Car quelles sont les alternatives ? 

Une désignation par la direction du mouvement, en catimini ? Impossible, cela donne l'impression d'un conclave opaque.  

Ou bien un système darwiniste, avec plusieurs candidats, qui finissent successivement par se retirer, car ils sont à court d'argent ou de notoriété ? Pas l'idéal non plus.

Voilà pourquoi Christian Jacob a choisi un système mixte. Deux vagues de sondages, donc, et si personne ne se détache clairement, alors il est probable qu'une primaire sera organisée.  

Est-ce qu'on en sait plus sur ces futurs sondages commandés par Les Républicains ? 

Alors il y a eu un peu de confusion. Christian Jacob a annoncé que ces études d'opinion seraient conduites par l'IFOP, jusque là aucun problème, institut de sondage reconnu.  

Mais se pose ensuite la question du panel : théoriquement 15 000 électeurs de la droite et du centre.  

Or, comment constituer ce panel ? Comment s'assurer qu'il soit bien représentatif des électeurs de droite et du centre qui se déplaceront aux urnes en avril 2022 ? 

Cela implique de contacter évidemment beaucoup plus que 15 000 personnes, pour ensuite resserrer l'échantillon à ceux qui se disent effectivement sympathisants.

Le coût financier n'est pas négligeable ; la méthodologie doit être irréprochable.  

Sur ce dernier point, Christian Jacob a annoncé le concours du CEVIPOF, le centre de recherche politique de Sciences Po.  

Avant de se rétracter. D'ailleurs, le CEVIPOF lui-même a protesté, a indiqué qu'il n'était pas partie prenante.  

Vérification faite, seul un chercheur du CEVIPOF, le bien connu Pascal Perrineau, supervisera scientifiquement la méthodologie retenue pour cette vaste étude d'opinion.  

Ouf, que d'atermoiements, pour un parti qui par ailleurs n'en manque pas sur d'autres sujets : celui de sa ligne politique, celui de sa stratégie.  

Finalement, il faudrait presque une procédure pour définir la procédure qui désignera le candidat à la présidentielle.  

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