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Séparatisme, islamisme... face à Léa Salamé et Thomas Sotto, les deux débatteurs ont parfois donné le sentiment de lutter à fronts renversés.

Débat Darmanin-Le Pen : match nul

4 min
À retrouver dans l'émission

Sur France, le ministre de l'Intérieur a affronté hier soir la candidate du Rassemblement national, à propos de la loi contre le séparatisme. Au même moment sur la chaîne C8, Jean-Luc Mélenchon a joué la contre-programmation. Retour sur cette soirée en mode "multiplex".

Séparatisme, islamisme... face à Léa Salamé et Thomas Sotto, les deux débatteurs ont parfois donné le sentiment de lutter à fronts renversés.
Séparatisme, islamisme... face à Léa Salamé et Thomas Sotto, les deux débatteurs ont parfois donné le sentiment de lutter à fronts renversés. Crédits : Stéphane de Sakutin - AFP

Si vous vous demandez parfois à quoi ressemblent les soirées des journalistes politiques : hier soir elle a consisté à regarder le débat sur France 2 entre le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et Marine Le Pen, la candidate du RN (c'était à une heure, Guillaume, où vous étiez déjà couché). Mais ce n'est pas tout : au même moment, Jean-Luc Mélenchon était l'invité de Cyril Hanouna sur la chaîne C8. 

D'où l'impression d'assister à une journée de championnat de football, avec plusieurs matchs en même temps (les "Multiplex"). Ce matin, mettons-nous en mode multiplex pour rendre compte de cette étrange soirée.

21h09 : le ministre Gérald Darmanin fait son entrée sur le plateau de France 2. [extrait sonore] 

Un "ring", donc, avec Gérald Darmanin, ancien du parti Les Républicains et Marine Le Pen (Rassemblement national) ; tous deux venus débattre de la loi contre le séparatisme.

Au même moment, sur la chaîne C8 : Jean-Luc Mélenchon explique à Cyril Hanouna pourquoi il a accepté son invitation, spécialement hier soir : 

"Je veux protester contre le fait que le service public de la télévision installe un débat entre deux personnes qui sont d'accord, dont le but principal est de montrer du doigt les musulmans de ce pays". 

En revanche, le dirigeant de la France insoumise n'en dira pas plus sur son choix d'aller sur la chaîne C8, propriété du milliardaire Vincent Bolloré. Il y a trois mois, Jean-Luc Mélenchon avait déclaré sa candidature sur TF1, propriété du groupe Bouygues... Etonnant quand on exalte le service public.

"J'aurais pu signer ce livre"

Retour sur France 2, où le débat Darmanin - Le Pen prend un tour curieux. On sent les deux contradicteurs globalement d'accord entre eux : "J'ai lu votre livre avec beaucoup d'attention. Et à part quelques incohérences, j'aurais pu le signer, ce livre", assure Marine Le Pen.

Les deux débatteurs jouent même à fronts renversés, si l'on peut dire. Le ministre Gérald Darmanin reproche à la candidate du RN de ne pas être assez radicale :

"Madame Le Pen, dans sa stratégie de la dédiabolisation, en vient à être dans la mollesse. Il faut vous prendre des vitamines, vous êtes pas assez dure, je trouve".

Dans cette loi séparatisme, la présidente du Rassemblement national trouve l'Etat trop intrusif envers les cultes. 

Sur les cultes et le séparatisme, justement, Jean-Luc Mélenchon assène, pendant ce temps : 

"Le vrai séparatisme religieux, c'est celui qui fait qu'en Alsace-Moselle, nous payons 60 millions d'euros par an pour les curés et les rabbins - et nous payons tous. Je ne veux pas payer de curés ni de rabbins". 

Mais le dirigeant de la France insoumise ajoute aussi qu'à titre personnel, il n'est "pas d'accord" avec "le port du voile". 

"Dérive sectaire"

Du côté du "ring" de France 2, le duel Darmanin-Le Pen ressemble de plus en plus à un combat de catch :

Gérald Darmanin : - "Vous avez dit, madame Le Pen : 'ce n'est pas une question de religion, mais d'idéologie'. Nous sommes d'accord, mais simplement, on peut aussi considérer qu'il y a une part sectaire de l'islam qui devient l'islamisme politique.
Marine Le Pen : - Non, je pense que c'est vous qui commettez une erreur. Précisément, ma proposition de loi s'attaque à une idéologie. L'islamisme est une idéologie totalitaire". 

Dans cet échange, il y a un côté Dupond et Dupont : "l'islamisme est une idéologie, je dirais même plus : c'est une dérive sectaire". 

Voici pourquoi l'on peut parler de match nul, à plusieurs égards. D'ailleurs, les deux compétiteurs étaient-ils venus pour gagner ? 

Plus certainement, ils étaient venus pour ne pas perdre. 

Frédéric Says

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