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"L'état de grâce" de Joe Biden en France est lié au contraste avec son prédécesseur Donald Trump. Mais pas seulement...

Comment expliquer la Biden-mania ?

4 min
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Qui l’eut crû ? Le président américain, Joe Biden, croule sous les louanges en France. Spécifiquement à gauche.

"L'état de grâce" de Joe Biden en France est lié au contraste avec son prédécesseur Donald Trump. Mais pas seulement...
"L'état de grâce" de Joe Biden en France est lié au contraste avec son prédécesseur Donald Trump. Mais pas seulement... Crédits : Alex Wong - AFP

On le disait trop mou, trop centriste, trop ancien. Il est pourtant devenu le nouveau héros de la classe politique française. 

Ecoutez par exemple Fabien Roussel, le candidat du parti communiste à la présidentielle : 

"Regardez ce que fait Joe Biden aux Etats-Unis. C'est incroyable. Lui, il va investir 6 000 milliards d'euros pour relancer la consommation. Et tout cela, il va le financer en augmentant les impôts des plus riches. J'ai l'impression qu'il a pris sa carte au Parti communiste français !" (France 2)

N’en jetez plus ! Jean-Luc Mélenchon n’est pas en reste. Dans un tweet récent, il salue la position de Joe Biden à propos de la levée des brevets sur les vaccins. Une décision "historique", se félicite pour sa part Julien Bayou, le chef de file des Verts. 

Bref, dans une primaire de la gauche française, Joe Biden serait élu dès le premier tour !

Comment expliquer un tel engouement, une telle "Biden-mania" en France ? 

D’abord, bien sûr, il bénéficie de la différence avec son prédécesseur. Fini, Donald Trump, son égotisme aigu et ses raisonnements obtus. Place à une personnalité normale - ou du moins plus classique. 

Dans cette fascination, il y a aussi ce qu’on pourrait appeler une "myopie politique". Loin des yeux, près du cœur. Les responsables politiques français n’ont retenu de Joe Biden que ce qui allait dans leur sens.

Ainsi, ils n’ont pas relevé cette déclaration récente :

"Nous vous le disons clairement. Quiconque bénéficie des allocations chômage devra accepter les offres d’emploi décentes, sinon cette personne perdra son allocation" prévient le président américain.

Après ça, l'adhésion de Joe Biden au Parti communiste français semble compromise...

D’ailleurs, même ses annonces les plus saillantes sont moins spectaculaires qu’il n’y paraît. Les hausses d’impôts sur les plus riches restent bien en-deçà des taux pratiqués en France. 

Et la levée des brevets sur les vaccins n’est pas pour tout de suite. Si on lit le communiqué de la représentante américaine au commerce, Katherine Tai, c’est une prise de position qui doit être discutée au sein de l’Organisation mondiale du commerce. 

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La représentante américaine souligne que ces discussions sont longues et complexes. 

Bref, c’est avant tout un “effet d’annonce”, comme l’on dit quand il s’agit de nos responsables politiques nationaux. 

Cette différence de vocabulaire est intéressante, en cela qu’elle révèle un décalage de perception. 

Comme si tout ce que faisait Joe Biden était dépourvu d’arrière-pensées politiques ; comme si tout ce que nous faisions en France et en Europe se bornait à de la communication.

Au risque d’oublier nos forces. Et les avantages que nous avons sous les yeux... sans les voir. 

Par exemple, les tests PCR sans débourser un centime en France, ce sont souvent les étrangers ou les expatriés qui nous rappellent ce privilège !

Après le socialisme, le libéralisme, y’aurait-il une nouvelle idéologie, celle de l’"auto-flagellisme" ?

Celle qui consiste non pas seulement à se dénigrer - la critique est la chose la plus utile dans une démocratie -, mais à considérer dans le même temps que l’herbe est, par définition, plus verte ailleurs ? 

Le Français, réputé pour son arrogance, son sentiment de supériorité, aurait-il changé ? 

Une étude menée récemment par le Pew Research Center auprès de 56 0000 Européens tend à le prouver. 

Parmi les pays les plus vaniteux, surprise : la France est en bas de classement : 36% des Français interrogés estiment que leur culture est supérieure aux autres. C’est presque 50% chez les Allemands, les Anglais, les Italiens. Les champions sont les Grecs, 89% jugent leur culture supérieure aux autres. Étude menée par le Pew Research Center. 

Alors c’est vrai, au vu de l’Histoire, l’humilité nationale ne fait jamais de mal. Mais si elle consiste à mettre d’autres pays sur un piédestal, sans nuance, n’est-ce pas une perception tout aussi erronée ?

Frédéric Says

Chroniques

8H20
18 min

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