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Près de 50 000 militants se sont déplacés pour désigner le Premier secrétaire du parti.

Le Parti socialiste bouge encore !

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On l'avait dit condamné, mort, enterré. Il semble pourtant que les sympathisants du Parti socialiste aient quelques timides raisons d'espérer.

Près de 50 000 militants se sont déplacés pour désigner le Premier secrétaire du parti.
Près de 50 000 militants se sont déplacés pour désigner le Premier secrétaire du parti. Crédits : Stéphane de Sakutin - AFP

Combien de fois a-t-on entendu les métaphores médicales les moins flatteuses ? "Un grand cadavre à la renverse", "un parti en fin de vie", "une formation en soins intensifs". Au risque de décevoir les croque-morts du PS français, le corps semble bouger encore un peu. 

Le corps électoral d'abord ; entre 40 000 et 50 000 militants se sont déplacés. Certes, la mobilisation n'est pas celle d'un parti de masse, mais on est loin de la caricature ("il y a plus de candidats que de militants"). 

De même, le débat télévisé entre les quatre prétendants a attiré des téléspectateurs. Loin d'un prime time du samedi sur TF1, bien sûr... Mais il s'est trouvé tout de même 200 000 curieux pour écouter les échanges sur LCI. La chaîne a d'ailleurs quadruplé son score habituel sur cette case. Et puis le Parti socialiste a toute les chances de l'emporter dans les urnes, dimanche prochain, en Haute-Garonne. Son candidat est arrivé largement en tête du premier tour dans cette législative partielle. 

L'extraordinaire constance du PS

Mais ce qui est le plus fascinant quand on observe la vie interne de ce parti, c'est son extraordinaire constance. Alors que le monde politique français subit une recomposition profonde, rien ne change vraiment au PS :

- Il y a toujours cette capacité à se diviser en courants et en sous-courants, pour des divergences programmatiques minimes. 

- Il y a toujours ces soupçons de fraude dans quelques fédérations.

- Et il y a surtout - et c'est peut-être le plus fascinant -, le même rapport de force en interne. Malgré les électrochocs de ces derniers mois (lourde défaite présidentielle, crise de trésorerie, désarroi idéologique), les équilibres entre les courants restent les mêmes. 

Si l'on observe le vote des militants PS hier soir, il y a toujours un électeur sur quatre qui soutient l'aile gauche. Comme au congrès de Poitiers en 2015, comme au congrès de Toulouse en 2012. 

Et il demeure aussi ce très fort courant légitimiste, social-démocrate, qui rassemble 2 militants sur 3 à chaque fois. 

65% : c'est d'ailleurs le score qu'obtiennent, à eux deux, Olivier Faure et Stéphane Le Foll, les deux candidats les moins critiques sur le bilan du quinquennat Hollande. Là encore, c'est le même ordre de grandeur que lors des précédents congrès. 

A ce stade, le cliché journaliste traditionnel veut qu'on cite la phrase du "Guépard" de Visconti, "il faut que tout change pour que rien ne change". Ici c'est presque l'inverse, pour un Parti socialiste qui veut "renaître". Au PS, il faut que rien ne change pour que tout change. 

Cette constance peut être une faille si le parti donne l'impression d'être le "Parti hibernatus" : la formation des petites habitudes de congrès ; de la nostalgie pour l'âge d'or de la social-démocratie triomphante ; de ce moment où il suffisait d'attendre l'alternance automatique pour revenir au pouvoir. 

Cela dit, cette constance peut aussi devenir assez vite un avantage. Si, au fil du quinquennat, il apparaît que la grande vague du "Nouveau monde" tient plutôt de la simple écume ; alors le socialisme accroché à son rocher pourra être un point d'appui pour la reconquête.

Frédéric Says

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