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Une éolienne offshore au large de La Turballe (Loire-Atlantique), le 28 septembre 2018.

Européennes : vers une vague verte ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Les écologistes comptent bien se renforcer grâce au scrutin européen, qui leur est traditionnellement favorable.

Une éolienne offshore au large de La Turballe (Loire-Atlantique), le 28 septembre 2018.
Une éolienne offshore au large de La Turballe (Loire-Atlantique), le 28 septembre 2018. Crédits : Sébastien Salom Gomis - AFP

Vous allez beaucoup entendre parler de gilets jaunes et de diesel ces prochains jours. Alors avant le week-end, faisons une pause. Prenons du champ. Et parlons de vert. Des verts, plus précisément. 

Les écologistes sont en apparence en position de force. L'élection européenne, qui arrive dans 6 mois, leur est traditionnellement très favorable. 

Je vous donne leur score aux trois derniers scrutins européens : 7%, 16% et 9%. Pas mal. Je vous donne maintenant leurs scores aux trois dernières présidentielles en France : 1,6% ; 2% et... pas de candidat en 2017 (alliance avec Benoît Hamon). Inutile de vous faire un dessin : l'élection européenne, c'est l'élection reine pour les écolos. 

Pourquoi ? D'abord parce que c'est un scrutin à un seul tour. Et donc il n'y a pas d'effet de vote utile, pas de stratégie pour le deuxième tour, chacun peut voter au plus près de ses convictions. 

Ensuite, le parlement européen dispose de réels pouvoirs en matière d'environnement, d'encouragement aux énergies renouvelables, c'est donc un scrutin à ne pas rater quand on a la fibre verte. 

Enfin, les électeurs écologistes s'abstiennent moins que la moyenne des Français. Pour mémoire la dernière seuls 40 % des inscrits se sont déplacés. Le vote écolo est donc moins noyé dans la masse. 

Et pour les élections européennes de mai prochain, tout indique que les Verts peuvent faire un très bon score...

Oui, et notamment les résultats électoraux récents en Europe. En la matière, nulle décroissance pour les écolos : ils poussent partout. En Allemagne, c'est devenu l'une des deux premières force politique de Bavière. En Belgique, les Verts sont arrivés deuxième à Bruxelles et ont remporté plusieurs villes dans le pays. Au Luxembourg, ils sont désormais à 15% la 4ème force à la chambre des députés. Aux Pays-Bas, les Verts dirigent désormais Amsterdam et Utrecht. 

En France, feront-ils mieux que les 16 % rassemblés par Daniel Cohn-Bendit en 2009 ? A l'époque, beaucoup de responsables politiques, un peu grincheux, avaient mis cette performance sur le compte de ceci : [extrait sonore]

Le générique du film « Home » de Yann Arthus-Bertrand. Un film sur la planète, diffusé à la télévision deux jours avant le vote pour les européennes. Une forme d'"encouragement subliminal", avaient pesté ces mauvais perdants, à gauche et à droite. Cela dit, adoptons leur hypothèse : si un simple film peut déchaîner un tel succès électoral, que dire de l'actualité récente ? Pas une semaine ne passe sans qu'un rapport alarmiste mette en garde sur les conséquences du réchauffement, sur la biodiversité en berne, sur l'épuisement des ressources. Sans oublier l'actuel président américain, qui est peut-être, dans sa démesure, le meilleur agent électoral de la prise de conscience écologiste.

Dans la même direction, mais séparés 

Pourtant, la grande vague verte est loin d'être assurée en mai prochain. Pourquoi ? D'abord parce que l'écologie était une niche, c'est maintenant la chose du monde la mieux partagée, au moins dans les discours. Chacun tente de repeindre son programme en vert. La République en Marche revendique sa part dans la transition écologique avec les conversions automobiles et la taxation du carbone. Ségolène Royal au Parti socialiste veut axer sa potentielle campagne sur l'environnement. Jean-Luc Mélenchon met en avant la planification écologique. Benoît Hamon a fait de la lutte contre les perturbateurs endocriniens sa combat emblématique. Et le mouvement Place publique, qui s'est lancé hier soir autour de Raphaël Glucksmann, revendique de placer l'environnement au cœur de sa pensée.  

Ils marchent dans la même direction, mais séparés. A gauche, en particulier, tout le monde s'alerte du réchauffement climatique, mais personne ne veut engager le réchauffement politique. Faute d'accord, les différents mouvements sont donc condamnées à se répartir les miettes d'un vote écolo. 

Qui doit faire le premier pas ? Personne n'ose, personne ne veut, personne ne compte briser la glace... pendant que la glace, elle, fond, irrémédiablement, loin, très loin des querelles d'appareils.

Frédéric Says

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