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Michèle Rubirola a su fédérer, au sein du Printemps marseillais, les écologistes, les socialistes, les communistes, les insoumis.

Michèle Rubirola, les limites de la "société civile" ?

4 min
À retrouver dans l'émission

La maire de Marseille, novice dans la vie politique, intéresse et interroge.

Michèle Rubirola a su fédérer, au sein du Printemps marseillais, les écologistes, les socialistes, les communistes, les insoumis.
Michèle Rubirola a su fédérer, au sein du Printemps marseillais, les écologistes, les socialistes, les communistes, les insoumis. Crédits : Nicolas Tucat - AFP

Elle fut la divine surprise de la gauche aux dernières municipales. Ou plutôt l’incarnation d’une victoire électorale, pour un camp politique qui - disons-le - ces dernières années, n’en a pas compté beaucoup. 

Michèle Rubirola fut célébrée au nom d’un double symbole.

Le premier, c’est celui de la réussite d’une alliance entre toutes les forces de gauche : écologistes, socialistes, communistes, insoumis, regroupés sous la bannière du Printemps marseillais. Preuve était faite que le rassemblement des gauches était possible, mais en plus qu’il permettait de gagner, dans une ville dirigée par la droite depuis si longtemps. Beaucoup ont vu dans l’expérience marseillaise une sorte de laboratoire pour des discussions nationales, à gauche, dans la perspective de la présidentielle.

Et puis Michèle Rubirola, ce fut aussi la victoire d’une femme de la société civile. Médecin depuis plus de 30 ans, passé par les quartiers Nord, loin des appareils et des combines qui ont fait tant de mal à la politique à Marseille et ailleurs.

Il y a chez elle quelque chose de Mr Smith, le héros du film de Franck Capra, un chef scout bombardé sénateur à Washington, qui découvre la classe politique.

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Mr Smith est bafouillant, maladroit, ébloui par les flashs des photographes. Hier soir, la maire de Marseille Michèle Rubirola a un peu donné cette impression. Elle était l’invitée de l’émission politique de France 2 : 

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Pendant ce duplex, le regard de l’élue se fixe partout sauf vers la caméra. Michèle Rubirola lit un texte posé sur son bureau. 

On pourrait voir dans cette scène l’émotion, le stress, le manque d'aisance d’une élue qui n’est pas habitué à la joute télévisuelle. Comment ne pas le comprendre ?

Mais la lecture d’un article du Monde (abonnés), signé Ariane Chemin, consacré à Michèle Rubirola, nous autorise à penser que ce n’est pas la seule piste d’explication. 

Cette enquête fouillée cerne le profil de la maire de Marseille, élue en juillet dernier, très appréciée mais hésitante, volontaire mais dans le doute. 

Mieux (ou pire), elle n’a pas forcément envie de rester en poste. « Tu es au courant que je ne reste que trois mois ? », demande-t-elle à un candidat qu’elle envisage de recruter pour son cabinet.

Une autre fois, elle regrette presque d’être première magistrate de la ville. Elle aurait voulu qu’il y a une fonction de "maire-bis", de n°1 ex aequo, pour alléger un peu la pression qui pèse sur ses épaules.

Faut-il voir la classique autocensure, qui touche en politique davantage les femmes ? Sans doute.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. A en croire cette enquête du Monde, Michèle Rubirola est entourée, très entourée, trop entourée peut-être.

Il y a le premier adjoint, pilier de la mairie, Benoît Payan, qui lui est un pur politique, passé par le mouvement des jeunes socialistes. Comme la France insoumise, il s’est rangé derrière Michèle Rubirola, quelques mois avant l’élection, quand il a compris que le profil d’une femme médecin et novice offrait plus de chances de victoires.

« Son côté non-professionnelle de la politique et ses faiblesses ont rassuré les électeurs », ose même Sophie Camard, de la France insoumise.

Est-ce là la limite de la fameuse société civile en politique ?

A la lecture de cet article, l’on comprend assez vite que la vieille politique n’est pas très loin. Qui s'est chargé de "former" la candidate Michèle Rubirola ? L’ancien directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini, figure socialiste jadis toute puissante et sulfureuse des Bouches-du-Rhône. 

Il faut donc, comme souvent, regarder au-delà de la tête d’affiche.

Preuve que la "société civile" n’est pas toujours un obstacle aux appareils politiques, mais parfois leur simple paravent.

Frédéric Says

Chroniques
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