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Ces petites bribes d'un changement d'époque

4 min
À retrouver dans l'émission

Ils ne font pas la une, mais ces faits d'actualité sont plus révélateurs qu'ils n'y paraissent.

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- Crédits : Richard Drury - Getty

Comment déceler ces petits changements, qui bout à bout, vous racontent l’évolution du monde ? 

On peut bien sûr observer les élections, les votes, les suffrages. Ils disent à échéances régulières les souhaits, l’enthousiasme ou la défiance du corps électoral. Mais la société n’attend pas les élections pour changer. 

On peut aussi scruter dans l’actualité ce qui ne fait pas la une, mais qui raconte l’air du temps… Dans d’autres domaines, on parlerait de “signaux faibles”.

En voici un. Un fait d’actualité inimaginable il y a encore dix ans.

La mairie de Paris a été condamnée à une amende pour non-respect de la parité… parce que trop de femmes ont été promues !

Il y a donc un déséquilibre sanctionné par la loi. 

On peut raisonnablement penser que ce n’était pas le scénario principal auquel pensaient les concepteurs de ce texte (d'ailleurs modifié depuis). 

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a revendiqué avec fierté cette amende de 90 000 euros. Elle compte même apporter le chèque en personne à l’administration courant janvier. 

Fière d’être sanctionnée, la maire de la capitale. En somme, Paris outragé mais Paris libéré. 

Vous avez aussi déniché un tout autre renversement des habitudes et des certitudes…

Une délocalisation d’une usine chinoise en France ! On était plutôt habitué à l’inverse ; mais le géant de la téléphonie, Huawei, se déploie à l’international et va ouvrir son premier centre de production hors de Chine. Et ce sera donc en France, en Alsace, dans la petite ville de Brumath

Bien sûr, l’entreprise chinoise ne vient pas chercher là des salaires inférieurs. Mais elle "exporte" une usine pour s’implanter davantage dans le monde occidental et pour avoir un accès direct au marché européen. 

Soit... peu ou prou ce qu’on fait les multinationales américaines et européennes en Chine, il y a quelques décennies ! Des usines construites sur place, pour s’assurer une production locale dans un marché prometteur. 

Cette fois, le marché prometteur est celui de la 5G en Europe, dont Huawei est l’un des leaders mondiaux. 

Le groupe veut peut-être aussi mettre un pied dans la porte, inquiet que les frontières commerciales se ferment entre les continents, sur fond de pandémie - mais aussi, à moyen terme, du retour de l’idée du souveraineté.

En parlant de fermeture des frontières, eux se mordent les doigts…

“Le blues des exilés fiscaux”, voici le titre assez incroyable de cet article du Figaro. Il nous raconte comment ces Français partis vivre dans des contrées attrayantes fiscalement... se morfondent. 

A cause de la pandémie, à cause des restrictions de déplacements, ils ne peuvent aller et venir entre leur paradis fiscal et leur mère-patrie. Et devinez-quoi, celle-ci leur manque.

“Je me suis beaucoup ennuyé loin de ma famille et de la France", raconte l’un d’eux, qui parle même de “réclusion”. 

Voilà aussi l’un des effets de crise (effet provisoire, sans doute) : le coup de frein à la circulation des capitaux et des personnes. Les "somewhere" (gens de quelque part) prendraient-ils leur revanche sur les "anywhere" (gens de partout), selon les catégories utilisées par l'essayiste britannique David Goodhart ? 

Selon cet article, il y a donc un cœur qui bat derrière la poche portefeuille. C’est presque un conte de Noël. 

Rouge

Ne parlez pas de conte de Noël… au père Noël lui-même. En tout cas, pas à celui qui s’occupe des cadeaux du côté de Blois, dans le Loir-et-Cher. 

"S’occupe" ou plutôt "s’occupait". Car le père Noël a donné sa démission, nous apprend le journal La Nouvelle République.

Le vieil homme à la barbe blanche, c’est authentique, en avait marre d’être insulté dans la rue. 

Selon lui, des parents lui ont violemment reproché de ne pas prendre les enfants dans ses bras, covid oblige. Des réflexions, des insultes, voire des menaces, témoigne le père Noël, qui peine à comprendre cette agressivité. 

Est-ce la fatigue, la nervosité, liée à ce deuxième confinement ? Est-ce l’individualisme, le matérialisme, qui font que Papa Noël est un bien de consommation comme un autre ? 

On imagine les parents à deux doigts de vouloir noter, mettre "1 étoile sur 5" à ce père Noël pas assez tactile, pas assez serviable, pas assez corvéable. Drame de l’époque. 

Allez, gageons que le vieil homme en rouge aura quand même retrouvé des forces pour assurer sa joyeuse mission au pied du sapin, dans une semaine tout juste. 

Frédéric Says

Chroniques
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