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Mark Zuckerberg et, en arrière plan, l'image d'un billet de "1 dollar" à son éphigie - 23 octobre 2019

Pourrons-nous échapper à la loi des GAFAM ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Facebook essaie d'empêcher l'Australie de voter une loi qui l'obligerait à rémunérer les médias australiens pour l'utilisation de leurs contenus. Le réseau social s'apprête également à lancer sa propre monnaie. Ces initiatives inquiètent les Etats du monde entier.

Mark Zuckerberg et, en arrière plan, l'image d'un billet de "1 dollar" à son éphigie - 23 octobre 2019
Mark Zuckerberg et, en arrière plan, l'image d'un billet de "1 dollar" à son éphigie - 23 octobre 2019 Crédits : Mandel NGAN - AFP

Les autorités australiennes ont vivement protesté contre l'offensive menée hier par Facebook. Le réseau social de Mark Zuckerberg a bloqué, à l'échelle de l'Australie toute entière, les contenus d'informations diffusés sur les pages Facebook des médias australiens. Les pages des groupes de presse sont apparues vidées de leurs contenus. Les publications qui contenaient des liens vers ces pages avaient disparues. Un certain nombre de comptes gouvernementaux affichaient page blanche. Et des services de secours, qui servent notamment à alerter la population sur les incendies, n'étaient pas accessibles. 

Cette mesure de rétorsion est une tentative d'empêcher le vote de la loi, actuellement en discussion au parlement australien, qui vise à contraindre les plateformes que sont Google, Twitter et Facebook à rémunérer les différents médias pour la reprise de leurs contenus. Si Facebook frappe de façon aussi forte et radicale, c'est qu'il craint que cette législation serve d'exemple et se mette en place dans d'autres pays à l'avenir. Google et Facebook avaient déjà mené le combat au niveau européen avant le vote de la directive sur les droits voisins qui, à ce jour, n'est toujours pas en application.

Ces mesures de rétorsions sont à mettre en relation avec d'autres initiatives des géants du numérique

Google vient d'être condamné, en France, par la DGCCRF (la Direction de la Concurrence et de la Répression des Fraudes) à un million d'euros d'amende. Car le moteur de recherche avait établi son propre classement des hôtels français sur la base de l'appréciation et des commentaires des clients (1, 2, 3, 4, 5 étoiles) et que ce classement se substituait au classement officiel des hôtels français qui sont répertoriés selon les prestations qu'on peut y trouver. Le syndicat français de l'hôtellerie restauration protestait depuis 2008 mais Google, jusque là, ne voulait rien entendre. 

Il y a cette autre initiative de Facebook qui a lancé, l'année dernière, une sorte de cour suprême, baptisée "conseil de surveillance", et qui est chargée de régler les litiges entre Facebook et ses utilisateurs. Elle est composée de juristes de différents pays et présentée comme parfaitement indépendante, les juristes recrutés étant d'éminents professeurs d'université. Mais la fondation qui la chapeaute et qui rémunère ces spécialistes est entièrement financée par Facebook et par Mark Zuckerberg. On fait mieux en matière d'indépendance.

Facebook s'apprête à lancer sa propre monnaie  

C'est prévu pour cette année. Cette monnaie s'appellera le Diem (ou Diem Coin). Il s'agit d'une cryptomonnaie comme le bitcoin. Mais la grande différence est d'abord qu'elle sera beaucoup plus stable car adossée à des monnaies fiduciaires. Et surtout, elle sera potentiellement utilisable par les 2 milliards 700 millions de personnes inscrites sur le réseau social. On pourra, promet Facebook, s'envoyer de l'argent aussi simplement qu'on s'envoie aujourd'hui un SMS. 

Le ministre français de l'économie et des finances Bruno Le Maire a d'ores et déjà indiqué qu'il avait l'intention de faire interdire cette monnaie dans toute l'Europe parce qu'elle va très probablement, dit-il, engendrer un problème de souveraineté monétaire. 

Tous ces exemples nous disent et nous révèlent un phénomène dont on a aujourd'hui des illustrations concrètes et qui a toutes les chances de se renforcer dans les années à venir : A mesure qu'ils gagnent en utilisateurs et en puissance, les géants du numérique ont la prétention d'édicter leurs propres règles et de concurrencer les Etats dans la production des normes et des lois. 

Et comme le dit Bruno Le Maire, ça pose effectivement un problème de souveraineté. Parce qu'avec ces nouvelles monnaies, avec ces nouvelles lois, avec ces nouvelles règles, qui lève l'impôt ? qui arbitre et donne raison ou tort ? qui choisit ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas ? Ce n'est pas l'utilisateur qui met trois petites étoiles et écrit un commentaire sur l'hôtel qu'il vient de fréquenter, c'est Google et Facebook qui décident de publier ce commentaire, ou pas.

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