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Après un record d'abstention dimanche dernier, la participation sera-t-elle en hausse pour le second tour, ce dimanche ?

Régionales : les trois enjeux à surveiller

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Abstention, union de la gauche, conséquences nationales... le deuxième tour, ce dimanche, s'annonce riche d'enseignements.

Après un record d'abstention dimanche dernier, la participation sera-t-elle en hausse pour le second tour, ce dimanche ?
Après un record d'abstention dimanche dernier, la participation sera-t-elle en hausse pour le second tour, ce dimanche ? Crédits : Thomas Coex - AFP

D'abord la participation. Après la grève des urnes, la semaine dernière, les citoyens vont-ils revenir au bureau de vote ? 

Difficile à prédire, tant il existe des arguments contradictoires.

D'un côté, l'élection est quasiment jouée dans plusieurs régions, ce qui n'incite pas à se mobiliser. 

Certains candidats ont pris beaucoup d'avance, presque trop pour pouvoir être rattrapés. C'est le cas dans les Hauts-de-France, en Occitanie, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Nouvelle-Aquitaine - voire en Normandie et dans le Grand-Est.

En somme, quand le suspens a déserté, les électeurs ont tendance à faire de même. 

Mais d'un autre côté, plusieurs facteurs plaident pour une hausse de la participation. D'abord, l'information sur le vote – cette fois-ci, difficile de passer à côté du fait qu'il y a un scrutin ce dimanche. Si vous n'en avez pas entendu parler jusqu'ici, c'est que vous revenez d'un voyage interstellaire avec Thomas Pesquet.

Ensuite, justement, il reste des régions où le suspense est entier. Où la course est serrée. Provence-Alpes-Côte d'Azur, naturellement, où LR et RN sont à couteaux tirés. Incertitudes également en Pays de la Loire, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val-de-Loire, Bretagne, dans une moindre mesure Île-de-France. Tout cela est de nature à mobiliser les militants et les électeurs. On ne court jamais aussi vite qu'avec un rival aux trousses.

Si l'on regarde de plus près cette question de la participation, il faudra observer le comportement des sympathisants du Rassemblement national. Trois quarts d'entre eux sont restés chez eux, dimanche dernier.

Vont-ils réagir, après la soufflante que leur a passée Marine Le Pen ? Était-ce une abstention accidentelle, ou bien traduit-elle une désaffection plus profonde ? De cette question dépend aussi la physionomie de la prochaine présidentielle.

Deuxième enjeu : la fusion des listes de gauche fonctionne-t-elle ? 

Autrement dit, l'addition des partis permet-elle l'addition des voix ? En Île-de-France, le PS et la France insoumise se sont rangés derrière l'écologiste Julien Bayou. Les trois forces ont fusionné leur programme et leurs listes. Au vu de leur score respectif de premier tour, ils peuvent espérer dépasser les 35% et rivaliser avec Valérie Pécresse.

Mais la politique, ce n'est pas de l'arithmétique. Les mariages d'entre-deux font toujours des mécontents et parfois la noce finit mal. Sans compter l'éventuelle redistribution des électeurs des deux autres listes qui se maintiennent, Jordan Bardella pour le RN et Laurent Saint-Martin pour la République en Marche.

Cela dit, l'union des gauches dès avant le premier tour n'a pas non plus permis des prouesses. Dans les Hauts-de-France, la candidature unique portée par l'écolo Karima Delli a rassemblé moins de 20% des suffrages - loin de Sébastien Chenu pour le RN, encore plus de Xavier Bertrand pour la droite.

A l'inverse, le cavalier seul du PS dans la façade Ouest du pays s'est soldé par des bons scores, en Occitanie, Bretagne, Nouvelle-Aquitaine, dans des terres certes favorables, où les socialistes étaient sortants. Dans ces trois régions, ils se sont même payés le luxe de refuser toute alliance avec Europe-Ecologie Les Verts.

Comme un parfum d'hégémonie locale.

Ce deuxième tour donnera aussi un aperçu du rapport de force à gauche. Pas anodin, quand on sait qu'au PS et chez les Verts, on hésite à lancer une candidature commune pour 2022. Même si les spécialistes préféreront regarder les résultats non pas des régionales mais des départementales, qui ont lieu, rappelons-le, le même jour, et qui offrent une vision beaucoup plus fine de la France électorale.

Troisième enjeu : quelles conséquences nationales à ce scrutin ? 

« Aucune », a déjà tranché Emmanuel Macron. Mais c'est sans doute un peu vite dit. Comment ne pas voir que des candidats putatifs à droite seront ragaillardis par ces régionales (Bertrand, Pécresse, Wauquiez...) ?

Comment ne pas voir non plus que le gouvernement a été défait au premier tour, et condamné à jouer les figurants au second ? 

Cinq ministres envoyés au tapis dans les Hauts-de-France, et aucun en pole position pour remporter une région. 

De surcroît, ce sont les candidats de la majorité présidentielle eux-mêmes qui ont nationalisé cette élection. Rappelez-vous leur slogan : "voter pour moi, c'est voter pour soutenir Emmanuel Macron". 

Alors si tel a été vraiment le cas, l’Élysée ne peut regarder les résultats de ce dimanche sans une once d'inquiétude pour la suite. 

Frédéric Says

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