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Le chef du gouvernement était entouré de nombreux ministres, dont certains ont pris la parole de manière impromptue au cours de l'émission.

Jean Castex, trop direct ?

4 min
À retrouver dans l'émission

C'était hier soir le premier « grand oral » du chef du gouvernement. Jean Castex était l'invité de l'émission « Vous avez la parole » sur France 2.

Le chef du gouvernement était entouré de nombreux ministres, dont certains ont pris la parole de manière impromptue au cours de l'émission.
Le chef du gouvernement était entouré de nombreux ministres, dont certains ont pris la parole de manière impromptue au cours de l'émission. Crédits : Thomas Coex - AFP

Il se présente comme l'homme des territoires ; le voici dans un studio télé parisien.

Il se présente comme l'homme du bon sens (un bon sens parfois très général) ; le voici tenu d'entrer dans le détail de mesures concrètes.  

Sur le premier point, la proximité, pas d'embûches majeures. Le premier ministre, qui débat avec des citoyens et des maires de grandes villes, n'est pas pris en défaut d'empathie.  

Selon ses interlocuteurs, il se présente tour à tour en élu local des Pyrénées-Orientales, en père de famille. Faisant oublier son passé d'énarque, il manie volontiers la métaphore politico-rugbystique :  

[extrait sonore] Le virus est un peu imprévisible, il nous fait des "cadrages-débordements" comme on dit au rugby, il n'est pas toujours là où on l'attend !

Il écoute, acquiesce, cajole. Au point de se laisser couper régulièrement la parole - contrairement au titre de l'émission ("vous avez la parole"), qu'un trop grand nombre d'intervenants rend parfois confuse.

Mais enfin, Jean Castex a été nommé, après la crise des gilets jaunes, pour montrer l'écoute de l'exécutif. Sur ce point, il a hier soir beaucoup écouté. 

Flottement

Sur le deuxième point, celui de la précision, la soirée est plus difficile pour Jean Castex. Il n'est pas seulement là pour présenter une doctrine, mais pour entrer dans les détails, là où - comme chacun sait - le diable se cache.  

Par exemple, interrogé sur le tournoi de Roland-Garros, il indique que la jauge maximale sera de 1000 personnes, en comprenant les joueurs, leurs équipes, les journalistes.  

Après l'émission, démenti de Matignon, qui précise par communiqué que cette jauge ne concerne que le public. Au tennis, on parlerait d'une balle dans le filet.  

Sur la question des piscines, cela flotte aussi. Elles resteront ouvertes pour les bassins en extérieur, explique Jean Castex, mais pas pour les bassins en intérieur. 

Quelques minutes plus tard, c'est Olivier Véran, le ministre de la Santé, présent sur le plateau de France 2, qui doit expliciter : ce n'est pas exactement ça, puisque ce sont les préfets qui en décideront localement.

"Assumez"

La présence des ministres en arrière-plan sur le plateau donne d'ailleurs lieu à des scènes assez incongrues. Comme quand le micro est donné à Eric Dupond-Moretti. Le garde des Sceaux interpelle un intervenant, un élu Les Républicains, sur la question de la sécurité :  

"Quand [la droite] était au pouvoir, ils ont viré 12500 policiers : qu'on nous parle pas de sécurité. Assumez aussi ce que vous avez fait monsieur !"

Un discours très critique envers le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Tiens, Nicolas Sarkozy dont un certain Jean Castex était l'un des piliers à l’Élysée (en tant que secrétaire général adjoint). Nicolas Sarkozy, dont Gérald Darmanin est un proche - le ministre de l'Intérieur lui aussi présent sur le plateau, qui n'a pas dit un mot.  

Où l'on voit que le mélange entre la société civile et les responsables politiques, entre le nouveau et l'ancien monde, comporte son lot de contradictions. 

Même si l'annonce d'une forte hausse du budget de la justice l'an prochain, 8%, semble mettre tout le monde d'accord.  

Mais la séquence la plus inattendue de l'émission est celle-ci. Jean Castex est interrogé par Léa Salamé :  

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Réponse d'une franchise désarmante, ou plutôt désarmée. Après tout, c'était invérifiable, personne n'a accès au téléphone de Jean Castex et ce dernier aurait très bien pu bluffer.  

De cette séquence, les Français retiendront-ils la sincérité ou bien le manque d'exemplarité ?  

En tout cas, si le but de l'émission était de rompre avec une forme de verticalité, de montrer que Jean Castex est un Français parmi les Français, de ce point de vue c'est réussi : comme eux, il a boycotté l'application gouvernementale.

Voilà au moins un procès en « déconnexion » qui ne pourra pas lui être fait.

Frédéric Says

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