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Depuis le jeudi 27 février à 18 heures, il n'est plus possible de se porter candidat aux élections municipales des 15 et 22 mars.

"Faites vos jeux, rien ne va plus"

3 min
À retrouver dans l'émission

Le dépôt des listes de candidats pour les élections municipales est désormais clos.

Depuis le jeudi 27 février à 18 heures, il n'est plus possible de se porter candidat aux élections municipales des 15 et 22 mars.
Depuis le jeudi 27 février à 18 heures, il n'est plus possible de se porter candidat aux élections municipales des 15 et 22 mars. Crédits : Jacques Demarthon - AFP

«  Rien ne va plus » : la formule traditionnelle du croupier semble s'appliquer avant ce qui ressemble bien à un scrutin-loterie pour la majorité. Le Macronisme va passer, avec ce vote, un examen de maturité, un test d'implantation locale. 

La République en Marche doit montrer qu'elle est non seulement "en marche" mais aussi "en racines". Enracinée dans les 35000 communes de l'hexagone et de l'outre-mer. C'est là son défi principal.

Certes, personne ne s'attend à ce qu'un mouvement jeune - moins de 5 ans - soit hégémonique en tout point du territoire... Mais il se doit de démontrer que l'exploit de 2017 peut se reproduire, se dupliquer à échelle réduite, dans de nombreuses communes. 

En somme, montrer que le macronisme n'est pas qu'une trajectoire individuelle brillante, mais un mouvement collectif qui se propage. Et pour l'instant, ce défi est loin d'être relevé. 

A cette heure, qui sont les révélations politiques issues d'En Marche ? Quelles sont les figures révélées par le macronisme ? 

A cette question, on est bien vite en peine de répondre... Au vrai, à part quelques parlementaires talentueux, ceux qui surnagent sont en fait des politiciens de carrière : Gérald Darmanin, Richard Ferrand, Edouard Philippe. 

Ce qui n'a rien de péjoratif, mais qui contredit l'espoir soulevé en 2017 d'une politique qui changerait parce que changeraient les visages, les pratiques et les CV. 

« Faites de la politique », a d'ailleurs imploré le président devant ses troupes parlementaires ; tout en les conjurant de ne pas rougir d'être des amateurs... 

Injonction contradictoire, qui s'applique tout aussi bien aux élections municipales. 

Dans le chaudron d'une ville, il faut être à la fois naïf et roué, neuf et expérimenté, bienveillant mais sans pitié. 

Jusqu'ici, peut-être les candidats macronistes ont-ils été trop candides, trop optimistes sur leurs chances. 

Ils ont observé les scores des élections européennes de l'an dernier dans leur ville. Et ils ont plaqué le résultat sur les prochaines élections municipales. 

Méthode rassurante, mais pas très fiable. Car à ce compte-là, Paris, Bordeaux, Lille, Clermont-Ferrand deviendraient des villes En Marche dans quelques semaines. Le suivi des campagnes nous montre que c'est bien encore loin d'advenir. 

Entre les deux scrutins, municipales et européennes, il y a des différences évidentes d'enjeu, mais aussi de contexte et surtout de mobilisation des électeurs. Les municipales sont des élections où la participation est la plus forte, après le scrutin présidentiel. Les Européennes sont les élections où la participation est la plus faible en moyenne. 

Néanmoins, le parti d'Emmanuel Macron peut s'accrocher à quelques espoirs. 

La position au centre de l'échiquier politique facilite la conclusion d'alliances au second tour. LREM pourra s'allier ici avec le centre-gauche, là avec le centre-droit, pourquoi avec les écologistes, en fonction des programmes locaux et des personnalités qui les portent. 

Le mouvement pourra ainsi se transformer en "faiseur de rois" dans certaines municipalités, voire ensuite dans certaines intercommunalités. Ce scrutin assez technique qu'on oublie toujours, mais qui concentre désormais un grand nombre des leviers d'action publique. 

Enfin, (mais c'est la statistique du désespoir), les adeptes du bon docteur Coué pourront toujours se dire que le résultat marquera un progrès quoi qu'il arrive pour La République en marche.

Ce qui sera indéniable puisque le mouvement part quasiment de zéro : aujourd'hui, seuls 16 maires sur 35000 se revendiquent de La République en Marche.

Les calculettes chaufferont au siège du mouvement, le soir du 22 mars, pour nous communiquer des pourcentages d'augmentation faramineux.

Et oui, 16 nouvelles municipalités conquises sur toute la France, cela ferait déjà 100% de progression.

Frédéric Says

Chroniques

8H19
40 min

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