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Emmanuel Macron, le 28 juin 2018 à Bruxelles.

Bilan de l'année en macronie

3 min
À retrouver dans l'émission

Que retenir de cette première saison du "nouveau monde" ?

Emmanuel Macron, le 28 juin 2018 à Bruxelles.
Emmanuel Macron, le 28 juin 2018 à Bruxelles. Crédits : Alberto Pezzali - AFP

La grande mode est à l'évaluation. Édouard Philippe va d'ailleurs recevoir tous ses ministres au début du mois de juillet pour leur faire passer un entretien d'évaluation.   Sommes-nous entrés dans une République des managers ? En tout cas, il est intéressant de dresser, ici aussi, une première évaluation de cette saison de macronisme au pouvoir. On va le faire en quelques points, illustrés avec des extraits sonores.

Le costume de chef

D'abord, Emmanuel Macron est entré dans le costume de président. Ça n'a l'air de rien aujourd'hui, mais la question pouvait se poser il y a un an. Même pas quadragénaire, le nouveau chef de l’État n'aurait-il pas l'air d'un adolescent perdu dans le monde des adultes ? Les sommets internationaux l'ont montré, la réponse est non. 

Le turn-over

"On n'est jamais mort en politique", disait l'adage. L'Histoire politique est constellée de résurrections, de retournements de situations, de triomphes des vaincus d'hier. Mais est-ce toujours vrai ? Jean-Pierre Raffarin, que vous venez d'entendre, vient d'annoncer son retrait de la vie politique. Il est le dernier d'une longue liste en seulement quelques mois. Il y a eu les anciens ministres Yves Jégo, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Vincent Placé - et bien sûr Nicolas Sarkozy. Une grande transhumance de responsables politiques essorés - qui préfèrent se tourner vers le secteur privé. 

Les oppositions

[extrait sonore] Avez-vous reconnu cette voix ? Il y a des chances que non. Il s'agit pourtant du leader d'un des plus importants partis français, Olivier Faure, le patron du PS. Cela dit tout sur les difficultés de l'opposition à exister. A droite, Laurent Wauquiez est obligé d'aller toujours plus loin dans l'auto-caricature pour être audible. Et au Parti socialiste, l'élection interne s'est déroulé sans drame et sans accusations de tricherie ; preuve que l'épicentre de la vie politique n'est plus là. 

L'Assemblée en marche

L'année fut aussi celle de l'affaiblissement du parlement. Sous François Hollande, il y avait eu les frondeurs ; sous Nicolas Sarkozy, il y avait eu la co-production législative menée par Jean-François Copé. Rien de tout cela désormais. L'Assemblée nationale marche droit, vite et dans les pas du gouvernement. Et seuls quelques coups d'éclat de François Ruffin, le député insoumis, viennent troubler fugacement cette mécanique implacable. 

Colère contenue

Cette année a aussi été celle de l'échec de la mobilisation sociale. "1 million de manifestants sur les Champs-Élysées", promettait Jean-Luc Mélenchon. "Une convergence des luttes", espéraient les grévistes cheminots, étudiants, personnels de santé. Le mouvement de ce printemps fut aux grandes grèves de 1995 ce que Nuit debout fut à Mai 68 : ça n'a pas pris dans l'opinion publique, au-delà des cercles les plus mobilisés. Cela dit, ce constat ne vaut que pour cette année, et ne préjuge en rien de la colère à venir. D'autant qu'aux décisions jugées injustes, se sont ajoutées des faux pas, des erreurs symboliques du pouvoir. Tel ce demi-million d'euros consacré à l'achat d'un nouveau service de faïencerie pour les réceptions à l’Élysée. Et cela pourrait occasionner un peu de vaisselle cassée, dans le couple que forme Emmanuel Macron et les Français.

Frédéric Says

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