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Ils sont six, candidats ou quasi-candidats, pour prendre la tête du Parti socialiste en avril.

Au PS, une nouvelle élection, des vieux réflexes

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Défaits dans les urnes, les socialistes préparent leur congrès. Sans se départir des vieilles habitudes.

Ils sont six, candidats ou quasi-candidats, pour prendre la tête du Parti socialiste en avril.
Ils sont six, candidats ou quasi-candidats, pour prendre la tête du Parti socialiste en avril. Crédits : - - AFP

A la suite de Sainte-Thérèse de Lisieux et de mère Teresa, faudra-t-il canoniser le militant socialiste ? Ces dernières années, rien ne lui aura été épargné. Ni la fraude électorale, lors du sanglant congrès de Reims en 2008, ni l’affaire DSK. Ni les rumeurs, ni les ragots ; ni les frondeurs, ni les fayots. Ni la déchéance de nationalité. Ni les 6% à la présidentielle, ni la vente du siège de Solférino. Ni même Harlem Désir et Jean-Christophe Cambadélis à la tête du parti. Le corps du militant socialiste semble aimanter les flèches. A y réfléchir ce serait plutôt une réincarnation de Saint-Sébastien. Non, décidément, comme disait François Hollande : [extrait sonore] "rien ne nous sera épargné". 

Ou plutôt si ! Il manquait encore le déchirement après la défaite, la discorde dans les cordes, la bataille pour les miettes : elle arrive. Au PS, c'est un record à la baisse du nombre de militants, et quasi un record à la hausse du nombre de candidats. Ils sont aujourd’hui cinq pour prendre la tête du parti au congrès du mois d’avril. Stéphane Le Foll, Luc Carvounas, Olivier Faure, Emmanuel Maurel, Delphine Batho. Quant à Julien Dray, sa position est la suivante : il est sûr d’être certain d’être déterminé à quasiment vouloir envisager de se présenter. C'est sans doute très (trop ?) intelligent. Julien Dray, « entravé par les tourments de son intelligence », comme le résume d'ailleurs un article flatteur du Journal du dimanche. 

Voilà qui consolera le militant socialiste méritant, qui tracte et colle les affiches depuis des années : savoir que ses cadres sont trop intelligents pour avoir envie de diriger le Parti. 

Et François Hollande, dans tout ça ? 

L’ancien président, encore populaire dans les rangs socialistes, se tient pour l’instant en retrait. Selon nos informations, il prépare un livre. as des mémoires mais une sorte de vademecum du pouvoir et de la décision politique. Alors quelle place pour lui dans ce vote interne ? 

Pour les candidats, le bilan du quinquennat est un casse-tête : ils ne peuvent ni en célébrer la réussite éclatante (qui les croirait ?), ni s’en désolidariser (qui les pardonnerait ?). Alors ils font avec. Le bilan des années Hollande est pour eux comme cette grosse écharpe d’un hiver glacial : elle démange un peu mais impossible de s’en débarrasser. 

« Not in my name », c’est pourtant le slogan que pourraient choisir la plupart des candidats, quand ils repensent au quinquennat socialiste : 

Julien Dray, ostracisé des fonctions officielles ; Stéphane Le Foll, doublé par des plus pressés et des moins fidèles ; Delphine Batho, éjectée du gouvernement en une matinée. Et Luc Carvounas, enfin. Ancien proche de Manuel Valls, il a fait son mea culpa sur la déchéance de nationalité :  « ce fut une erreur, une faute politique », écrit-il aux militants. L’auto-flagellation comme signe d’appartenance. Par les temps qui courent, le socialisme est un dolorisme. 

Frédéric Says

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