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Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, invité de France Bleu.

Le bilan, c'est maintenant !

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Réunis en meeting, les proches de François Hollande lancent aujourd'hui la grande opération "réhabilitation" de l'action présidentielle. Mais une élection se gagne-t-elle sur un bilan ?

Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, invité de France Bleu.
Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, invité de France Bleu. Crédits : Photo d'illustration - Radio France

C’est un chef de chantier qui aura fait basculer le récit du quinquennat. C'est en tout cas ce que raconte Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, hollandais indéfectible, interpellé avec véhémence il y a quelques semaines, en marge d'un déplacement ministériel au Mans.

"Pourquoi est-ce que votre gouvernement veut me faire travailler jusqu'à 65 ans ?" demande ainsi le chef de chantier, très en colère, lui qui devait normalement partir à 60 ans.

Interloqué, Stéphane Le Foll demande des explications... puis comprend que son interlocuteur fait une confusion, qu'il évoque en fait une proposition... d’Alain Juppé sur l'allongement des cotisations.

"C'est là que j'ai compris que le brouillage était est total, et qu'il fallait faire quelque chose", raconte aujourd'hui Le Foll.

"Quelque chose", c'est ce meeting cet après-midi à Paris, intitulé "Hé oh la gauche". Vingt-cinq ministres au rendez-vous, pour défendre "les avancées sociales [dues] au gouvernement". Pour contrer, aussi, ce que Jean-Christophe Cambadélis appelle le "Hollande bashing".

Il s'agit donc de faire le bilan, calmement. Un exercice qui n'est pas superflu, pour faire dans la litote... Car jusqu'ici, le récit de ce quinquennat se résumait à une courbe du chômage qui ne s'est pas inversée, et à la promesse d'un mandat en deux temps : d'abord la phase de redressement, ensuite celle de la redistribution.

Ce qu'une partie du pays, désabusée, a forcément compris comme : "d'abord des impôts, ensuite des cadeaux pré-électoraux."

Alors pourquoi faire ce grand raout maintenant ?

C'est maintenant ou jamais : il s'agit de devancer l'anniversaire de l'élection de François Hollande, le 6 mai, date à laquelle fleurissent traditionnellement dans les journaux des articles souvent critiques sur la bilan présidentiel. C'est aussi en ce printemps la dernière fenêtre de tir pour réhabiliter l'action de François Hollande : avant l'été, avant la rentrée, où nous serons déjà, avec la primaire à droite, dans la campagne présidentielle.

Alors cet exercice est toujours compliqué pour un président sortant : s’il ne fait pas son bilan, on l’accuse de manquer de recul, s’il n’évoque pas ses échecs, on l’accuse de manquer de lucidité et s’il évoque les failles de son action, on l'accuse d'avoir manqué son mandat.

Confère cette phrase cruelle du candidat Mitterrand contre le président sortant Giscard d'Estaing en 1981 : "au lieu de présenter sa candidature, il aurait mieux fait de présenter ses excuses".

Le risque, pour ce meeting "Hé oh le gauche", c'est celui du décalage :

Comment comprendre cette petite bulle d'autosatisfaction, dans un océan de scepticisme ? Comment interpréter cette réunion des fidèles - qui pourrait passer pour une secte, celle des adorateurs de François Hollande -, certains de détenir la vérité, pestant contre le monde extérieur qui n’aurait rien compris.

L'autre risque pour le gouvernement ? Une élection ne se gagne pas sur un bilan, en particulier économique. En 2002, Lionel Jospin a été éliminé dès le 1er tour, malgré 1 million d'emplois créé en 5 ans. Et hier en Autriche, l’extrême-droite est arrivée en tête dans un pays qui ne compte que 6% de chômeurs.

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