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Parachutage.

Faut-il des candidats "AOC" ?

3 min
À retrouver dans l'émission

(ou : on est toujours le parachuté de quelqu'un d'autre)

Parachutage.
Parachutage. Crédits : Fotolia / rashadashurov

Faut-il, pour être cru, être... du cru ? Juste avant le week-end, le conseil d’État a décidé d’invalider l’élection de Dominique Reynié aux régionales en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon. Jusqu'ici chef de file de l’opposition de droite, il perd son poste, au motif qu’il n’était pas domicilié dans la région. En tout cas, le Conseil d’État a estimé que la chambre occupée par l’ex-candidat chez sa mère (et les factures fournies) n’était pas des preuves suffisantes.

Ce type de mésaventure est de plus en plus courant, et pour ne citer qu’un seul autre exemple : en 2012, Rama Yade avait été radiée des listes électorales à Colombes, en région parisienne. Motif ? Un juge est allé visiter le domicile indiquée par la candidate ; il n’y avait trouvé ni meuble, ni tableau, ni même matelas. Rama Yade avait alors plaidé, sans convaincre, le dégât des eaux qui l’avait obligé à tout déménager.

Alors au-delà de ces cas personnels, la question se pose : faut-il, pour être un bon élu, forcément habiter depuis toujours le territoire que vous voulez représenter ? A priori, la réponse est facile : oui, il est mieux de connaître le terrain pour être légitime... Et pourtant quelques nuances s’imposent.

Lesquelles par exemple ?

Pour une municipale, vous êtes évidemment obligé d’être électeur dans la ville ou d’y payer des impôts locaux.
Pour les régionales, il faut habiter la région, sans plus de précisions - on se demande quelle est votre représentativité locale dans des régions qui font parfois 400 kilomètres de long, mais passons...
Enfin, pour une élection départementale, vous n’êtes pas obligé de vivre dans le canton où vous vous présentez : une simple résidence dans le département suffit. C’est d'ailleurs pour cela que l’an dernier, les opposants au FN avaient dénoncé des candidatures "hors-sol" (notamment en Bretagne), où les candidats urbains étaient lancés à la conquête des cantons ruraux. Mais au regard de la loi, tout allait. L'enracinement "minimal" était respecté.

Historiquement, cette obligation de fidélité à un territoire n’a pas toujours existé. Sous la IIIème République, pendant un temps, vous pouviez être être candidat, le même jour dans plusieurs circonscriptions de France. Une forme de polygamie électorale assumée : c’est ainsi par exemple que Clemenceau fut élu le même jour à Paris et dans le Var. Ce qui relativise les liens exclusifs que demande aujourd'hui la loi.

Remarquons enfin que tout cela est bien relatif sous la Vème république : notez le nombre de lieux qui sont rattachés au parcours de François Mitterrand : le Nièvre, la Charente, sans oublier Latché, dans les Landes.

De la même manière, admirez le parcours de ces deux jeunes loups parachutés dans le massif central ; l’un est né à Paris, l’autre à Rouen. Ils s’appellent Jacques Chirac et François Hollande… Et pourtant dans la mythologie de l’histoire récente, ce sont deux élus de Corrèze, qui jaillis des entrailles de la France, en ont conquis la tête.
On connaît le vieux dicton : "En politique, on succède à des incapables et on est remplacé par des intrigants". On pourrait y ajouter qu’on est toujours le parachuté de quelqu’un d'autre.

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