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Manifestation dans les rues d'Ajaccio avant l'arrivée d'Emmanuel Macron, le samedi 3 février 2018

Emmanuel Macron et la question corse

3 min
À retrouver dans l'émission

La Corse est à l’agenda d’Emmanuel Macron cette semaine. Il sera demain à Ajaccio et prononcera un discours très attendu sur l’avenir institutionnel de l’île mercredi après-midi à Bastia. Billet politique signé Ludovic Piedtenu.

Manifestation dans les rues d'Ajaccio avant l'arrivée d'Emmanuel Macron, le samedi 3 février 2018
Manifestation dans les rues d'Ajaccio avant l'arrivée d'Emmanuel Macron, le samedi 3 février 2018 Crédits : Ludovic Piedtenu - Radio France

On a évoqué pêle-mêle le rejet de la droite et de la gauche, un ras-le-bol des partis politiques traditionnels, une vague de “dégagisme” pour expliquer la victoire d’Emmanuel Macron au mois de mai.

Ce sont les mêmes ingrédients qui ont conduit à la victoire des nationalistes en Corse. D’abord au mois de juin aux législatives avec trois députés élus sur quatre. Puis en décembre, plus de 56% des voix au second tour des élections territoriales. Une élection qui a permis de constituer la nouvelle collectivité unique de Corse.

C’est un vent nouveau qui souffle sur l’île comme sur le continent. Une dynamique politique différente tant à Paris qu’ici à Ajaccio qu’il serait idiot de ne pas considérer pour réévaluer la question corse.

Avec des acteurs renouvelés en 2017, il est possible d’envisager une relation tout à fait différente

Ce serait aussi ne pas prendre en compte la fin de la lutte armée et la démilitarisation du FLNC annoncée trois ans plus tôt, en juin 2014. La fin de ce rapport à la violence est sans doute l’élément qui a permis de passer d’un “nationalisme de contestation” à un “nationalisme de gestion”. Dans les années 90 et 2000, les nationalistes, toutes tendances confondues, plafonnaient à 15% des voix. On peut tout à fait entendre qu’il y a eu, comme sur le continent d’ailleurs, une très forte abstention mais ils n’en sont pas moins ressortis majoritaires par la voix des urnes.

A la place d’Emmanuel Macron, qui a gagné dans des circonstances semblables, cela doit pousser à un peu d’humilité. Il y a beaucoup à perdre à ne pas tendre la main, à ne pas dialoguer avec cette nouvelle alliance nationaliste. 

Sans effacer le passé, sans oublier qu’à quelques rues d’ici, un préfet de la République a été assassiné, cela fera demain très exactement 20 ans, c’est donc par ce souvenir qu’Emmanuel Macron commencera sa visite demain matin par un hommage et l’inauguration d’une plaque en la mémoire du Préfet Erignac, près d’un olivier fraîchement planté. 

Une République "indivisible et, en même temps, plurielle" selon Emmanuel Macron

Le chef de l'Etat aura ensuite à expliquer le futur qu’il souhaite écrire. Ce sera mercredi après-midi, le discours de Bastia. Emmanuel Macron reviendra sur les pas de sa campagne, en avril 2017 à Furiani, où disait-il, “la force de la République est d’être indivisible et, en même temps, plurielle”.

“Indivisible” comme le sixième mot de l’article premier de la Constitution. Une France que les Corses ici dénoncent comme trop jacobine et verticale. Et l’élection d’Emmanuel Macron renforce ce sentiment.

Mais avec ce “et en même temps, plurielle”, le Président de la République semble inventer un nouveau jacobinisme, disons… régional. C’est ainsi qu’à plusieurs reprises, devant différents parterres d’élus, il a proposé des “pactes girondins” respectueux des spécificités. Ou bien fait valoir lors de ses voeux aux Français le 31 décembre, “un droit à la différenciation”. Comme s’il inventait le "jaco-girondisme".

A lui avec ce nouveau concept de trouver la ligne de crête, telle ces petites routes sinueuses et parfois escarpées que l’on trouve ici… Mais les Corses qui ont manifesté samedi à Ajaccio l’ont prévenu, ils veulent du concret, pas trois ans et demi de discussions pour rien. 

Il est important de ne pas prendre ce désir d’évolution institutionnelle comme secondaire, l’exemple de la Catalogne pour l’Espagne est un bel avertissement. 

Rappeler aussi à Emmanuel Macron qu’il arrive en pleine saison des oursins. Et comme l’épineuse question corse, un oursin ça pique !

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