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Jean-Luc Mélenchon à Marseille le soir du 11 juin

Mélenchon ou "la tactique du bélier"

3 min
À retrouver dans l'émission

C'est un combat sur le long terme, celui de Jean-Luc Mélenchon, qui répond longuement aux questions de l'hebdomadaire Le 1, à paraître ce mercredi. Ludovic Piedtenu l'a lue en avant-première. Sous le titre "Mélenchon dit tout", une interview passionnante du leader de la France insoumise.

Jean-Luc Mélenchon à Marseille le soir du 11 juin
Jean-Luc Mélenchon à Marseille le soir du 11 juin Crédits : Sophie Delpont - Radio France

"Je veux fédérer une majorité populaire et gouverner le pays".

Jean-Luc Mélenchon est clair. Lors de la prochaine présidentielle, il approchera les 72 ans. Rien ne garantit qu'il sera en situation mais il y travaille. Il appelle ça la "tactique du bélier" : celui qui est du signe astrologique du lion et il en mange souvent veut "frapper sans pause, en comptant que la muraille finira par tomber. On ne sait pas quand ! dit-il. Il faut donc être endurant. Et avoir une stratégie de combat sur le long terme."

C'est ainsi qu'on en apprend un peu plus sur le fonctionnement de son mouvement, et non un parti politique. La comparaison avec "La République En Marche !" d'Emmanuel Macron est frappante. "Le mouvement, dit-il, n'est ni vertical, ni horizontal, il est gazeux. C'est un nouvel imaginaire politique", résume celui qui en est à la tête. Dans cette post-modernité, ce n'est, semble-t-il, pas incompatible. "Il est la clé de voûte", c'est son expression qui fait penser à celle qu'Emmanuel Macron utilise de façon plus classique dans l'interview-fleuve accordée au Point fin août, quand il disait en tant que Président de la République, qu'il était la "clé de voûte des institutions".

Mélenchon nuance tout de même : "je laisse beaucoup les choses se faire toutes seules." D'ailleurs, ajoute-t-il, c'est très anxiogène de bosser avec moi. Il n'y a pas de consigne, on ne sait pas ce que je veux. Moi je sais. Parfois, mais pas toujours. J'ai une foi totale dans la capacité auto-organisatrice de notre peuple."

Dans cette interview, il définit le concept d'Insoumis. "Ce qui correspond, explique-t-il, le mieux à l'individuation des rapports sociaux de notre temps. Insoumis nous ramène à la racine individuelle du combat pour l'émancipation. L'insoumission est un nouvel humaisme. C'est un concept en travail. Le crayon à la main, Jean-Luc Mélenchon nous apprend qu'il complète en ce moment la thèse de l'insoumission humaniste."

Il en dit plus aussi sur l'avenir du mouvement : le développement du Média, pour créer, je cite, "un espace culturel autonome de résistance et d'insoumission". Il y est question de créer une organisation pour les enfants, sur le modèle des scouts, d'autres insoumis veulent créer des caravanes sanitaires... Nous engageons des révolutions radicales dans la manière d'organiser notre vie politique. Comment sera élue la direction du mouvement ? On s'en fout comme de notre première chemise ! Toutes nos structures comportent une part de gens tirés au sort. Nous aurons bientôt une assemblée représentative du mouvement à moitié tirée au sort."

La comparaison avec "La République En Marche !" se poursuit. Ces deux mouvements les plus récemment créés en France introduisent ce tirage au sort des militants. Si les insoumis vont jusqu'à 50%, les marcheurs s'en tiennent à 25% de militants tirés au sort. Et les deux mouvements vont se constituer un peu plus tour à tour dans le courant du mois de novembre : le 18 pour les Marcheurs, le 25 pour les Insoumis.

Les références intellectuelles

Mélenchon s'amuse de cette question "sur les penseurs qui ont nourri son action". "Je suis maintenant, dit-il, un bric-à-brac très avancé." "Quand mes assistants commencent à travailler avec moi, les premiers livres que je leur donne ce sont "Socialisme utopique et socialisme scientifique" d'Engels, puis la biographie de Louis XI. Pourquoi Louis XI ? "Parce que c'est un génie", répond Mélenchon. Et soyez attentifs à la description : "Il affronte un adversaire riche et puissant, qui a tout pour lui. Lui arbore un chapeau pouilleux et n'est même pas sûr d'être le fils du roi. Mais il calcule. Toute sa force sera de parvenir à prendre Charles le Téméraire à son propre piège pour le mettre à terre. Ce livre m'a montré l'intelligence de cet homme plus qu'isolé, et qui va parvenir avec quelques compères à retourner la situation et à triompher."

Le pouilleux contre le puissant. Hier soir, sur TF1, Mélenchon a renouvelé son appel au duel avec le chef de l'Etat.

Écouter
5 sec
Mélenchon sur TF1 le 16/10/2017

L'interview de Jean-Luc Mélenchon est à découvrir in extenso demain dans l'hebdomadaire Le 1.

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Intervenants
  • Journaliste, correspondant permanent de Radio France en Allemagne, ancien chef du service politique de France Culture
L'équipe
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