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Nicolas Sarkozy et Barack Obama, en 2010

L'humour en politique

3 min
À retrouver dans l'émission

L'humour en politique : un oxymore ? Riait-on des mêmes choses en politique il y a 15 ans ? Pour le savoir, voici une plongée dans les archives du Prix de l'humour politique, dont le vainqueur 2017 est annoncé ce 28 novembre.

Nicolas Sarkozy et Barack Obama, en 2010
Nicolas Sarkozy et Barack Obama, en 2010 Crédits : Saul Loeb - AFP

A première vue, "humour en politique", cela peut sonner comme un oxymore. Quelle place pour le recul ironique, dans cet univers où règnent les batailles d'égos et l'urgence des situations ? Pourtant, dans cette comédie humaine, l'humour n'est pas absent. Il est une arme précieuse, soit pour déstabiliser un adversaire, soit pour en repousser les assauts.

Ce soir le Press Club de France remet son Prix de l'humour politique. Et la sélection annuelle des trouvailles verbales de nos gouvernants vaut le détour. On y retrouve le reflet du chamboule-tout politique de 2017 :

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Philippe Poutou : 

Hollande est satisfait de son bilan ; c’est pour cela qu’il le dépose

Richard Ferrand : 

Fillon et Le Pen pourront bientôt faire du co-voiturage pour aller voir le juge d’instruction

Et puis cette définition de l'ancien monde (PS et LR), par Emmanuel Macron :

Les deux grands partis, c’est l’amicale des boulistes. Mais sans l’amitié et sans les boules. 

Ce qui est intéressant, c'est de remonter un peu le temps. De fouiller dans les palmarès de ce prix de l'humour depuis 2003. Est-ce que nous riions des mêmes choses ?

Parmi les phrases récompensées depuis 15 ans, certaines semblent clairement hors d'âge. 

Exemple : en 2004, Michel Charasse, ancien ministre mitterrandiste, reprochait à Noël Mamère d'avoir organisé illégalement le premier mariage homosexuel. Reproche synthétisé avec ce jeu de mots : "Mamère Noël est une ordure". Ce type de phrases serait-il encore récompensé aujourd'hui ? Pas sûr. 

D'autres aphorismes semblent plus intemporels : "Le vrai changement au PS, ce serait de gagner". C'est signé Bertrand Delanoë en 2009. 

Il y a aussi Renaud Muselier, secrétaire d’État un peu désœuvré, qui commente ainsi le partage du travail avec son ministre de tutelle : "Villepin fait tout, et moi je fais le reste". Combien de secrétaires d’État dans l'actuel gouvernement - aux prérogatives incertaines - se font la même réflexion ? 

La politesse du désespoir

Ils ont été et ne sont plus. Les "anciens" comptent parmi les meilleurs pourvoyeurs de petits traits d'esprit - souvent désabusés, comme François Goulard : 

Être ancien ministre, c‘est s‘asseoir à l‘arrière d‘une voiture et s‘apercevoir qu‘elle ne démarre pas.

L'autodérision est finalement assez rare, dans ces palmarès de l'humour politique. Peut-être François Hollande est-il l'exception qui confirme la règle...  Il a été récompensé notamment pour cette phrase. Précision, il commente au football le tir d'un pénalty avec une frappe molle, mais très bien placée :   

C'était un ballon tout mou. Mais parfois les mous peuvent atteindre la perfection... La subtilité, l'élégance, la surprise.

Une exception effectivement. Car les piques qui ont retenu l'attention se tournent plus souvent vers les autres que vers soi-même. Primée en 2011, la trouvaille de Guillaume Bachelay, un cadre socialiste, proche de Martine Aubry : 

La présidentielle, François Hollande y pense en nous rasant. 

Il y a aussi dans la sélection de ce soir au Prix de l'humour, ce mot d'Arnaud Montebourg à propos de Benoît Hamon : 

En fin de compte, Benoît Hamon aura fait le meilleur score de tous les écologistes à une présidentielle.

Alors le monde politique est-il devenu plus méchant ? Pas sûr.  On est finalement bien loin des sommets de cruauté atteints par Clemenceau qui, à l'annonce du décès de Felix Faure, déclara :  

En entrant dans le néant, il a dû se sentir chez lui.

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