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Stéphane Le Foll est candidat pour prendre la direction du Parti socialiste.

Stéphane Le Foll candidat au PS : l'ancien monde fait de la résistance

4 min
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L'ancien ministre de l'Agriculture revendique crânement son appartenance au "monde d'avant". Un pari risqué.

Stéphane Le Foll est candidat pour prendre la direction du Parti socialiste.
Stéphane Le Foll est candidat pour prendre la direction du Parti socialiste. Crédits : Jean-François Monier - AFP

Stéphane Le Foll, ou le coup de gueule d'un ancien monde qui ne veut pas mourir. Le sursaut dans l'agonie. Précisons tout de suite qu'ici l’expression "ancien monde" ne se veut pas péjorative. Elle désigne simplement le monde politique (ses habitudes, ses clivages et sa structure) d'avant le grand balayage macroniste de 2017. 

Engagé dans la course pour la tête du PS, Stéphane Le Foll utilise son côté "monde d'avant" comme un argument électoral. Face à la "start-up nation" et son éloge de la "mobilité", l'ancien ministre de l'Agriculture insiste sur ses racines locales. Il a d'ailleurs choisi de déclarer sa candidature dans la presse régionale (dans le Maine Libre). Et il ne rate pas une occasion de montrer qu’il a les deux pieds bien ancrés dans la terre - ou plutôt dans la mer : [extrait sonore]

Le légitimité vient du CV électoral

Dans le "nouveau monde" et ses nouveaux élus venus du privé, on tire sa légitimité du fait... de n'avoir jamais fait de politique. Stéphane Le Foll, lui, interrogé hier matin sur BFM TV, revendique l'inverse. Il déroule ses états de service électoraux dans la Sarthe : [extrait sonore].

Pour qu'il soit étiqueté "nouveau monde" il suffirait de si peu, pourtant. Pas simplement un nouveau look, comme l’a tenté Manuel Valls. Il faudrait par exemple couper le cordon ombilical avec son mentor, cette figure du temps d’avant qui s'appelle François Hollande. Eh bien non, il revendique sa proximité [extrait sonore].

Pour céder aux sirènes de l'époque, tout juste consent-il à envisager un changement de nom du Parti socialiste. Mais la révolution lexicale reste limitée : 

"J'ai proposé de changer le nom du Parti socialiste. Et aller vers "Les Socialistes". Ça me paraît beaucoup plus ouvert". 

Au risque de paraître ringard, au risque de sembler préférer la micheline au TGV, Le Foll met aussi en garde contre la rapidité du pouvoir macroniste, qui fonce trop vite et sans obstacles. [extrait sonore].

Audace suprême face au nouveau monde, il confesse même ne pas vouer un culte à l’idole du moment, la sacro-sainte transparence. Ras-le-bol de cette loi qui oblige le député à garder ses notes de frais ! [extrait sonore]. 

Dans l'élection interne au PS, il trouvera sur sa route Olivier Faure, Emmanuel Maurel, Luc Carvounas. Peut-être Julien Dray. Stéphane Le Foll lutte pour être le dernier Premier secrétaire de Solférino, avant le déménagement. Pour les militants, il incarne une figure parfois brouillonne mais familière, nerveuse mais rassurante, au moment où tout fout le camp. Le Foll, c’est l’anti-Macron par toutes ses pores. C’est l’ancien monde qui ne s’en cache pas. C’est la politique qui doit prouver qu’elle n’est ni "En Marche" ni à l’arrêt.

Frédéric Says

Chroniques

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