LE DIRECT
Rue de Solférino le 6 mai 2012 au soir

Partis politiques : la casse sociale et les déménagements

4 min
À retrouver dans l'émission

Les partis politiques historiques vont mal et cela ne se fait pas sans casse sociale et des déménagements. PS, LR, FN, EELV et PCF : rien ne va plus, Ludovic Piedtenu.

Rue de Solférino le 6 mai 2012 au soir
Rue de Solférino le 6 mai 2012 au soir Crédits : Frédéric Says - Radio France

Après cette longue séquence électorale marquée par la défaite inédite des principaux partis habitués jusque là à l'alternance, la gauche et la droite, le Parti Socialiste et Les Républicains, l'heure est venue de faire les comptes. Chute spectaculaire du nombre d'adhérents et donc des cotisations, mauvais résultats électoraux qui entraînent une forte baisse de la dotation publique. C'en est fini des grandes heures et du grand train pour ces deux partis politiques là.

Hier soir, le trésorier du Parti Socialiste convoque la presse. Il précise les détails de l'inévitable plan social : la rue de Solférino va devoir se séparer de plus de la moitié de ses permanents. Une soixantaine sur les cents salariés... Coup dur !

Écouter
16 sec
Eduardo Rihan Cypel réagit au plan social du PS au micro de Thibault Lefèvre

Il y aurait donc une façon socialiste de se séparer des gens, selon l'élu PS Eduardo Rihan Cypel. Des permanents déjà bien rémunérés, peut-être trop disent certains, et cela aurait contribué à plomber les comptes. 12 millions d'euros comme budget pour les salaires, 12 millions pour 100 permanents. Il y aurait pu y avoir avant une gestion plus économe. Déjà en 1993, quand le PS a connu la débâcle aux législatives, passant de 263 à 53 députés, perdant plus de 50 000 adhérents, Henri Emmanuelli s'agace sur le plateau de Sept sur sept d'Anne Sinclair. Le temps des hôtels particuliers et des Renault 25 de fonction est terminé. Il envisage de vendre le siège parisien. Le JT d'Antenne 2 y revient ce jour de janvier 1994.

Écouter
13 sec
Solférino à vendre ? Archives INA - JT Antenne 2 - Janvier 1994

23 ans plus tard, l'heure de vendre a sonné. L'annonce est même publiée depuis ce matin dans le quotidien Les Echos.

Annonce de la vente du siège parisien du Parti Socialiste dans Les Echos du 18 octobre 2017
Annonce de la vente du siège parisien du Parti Socialiste dans Les Echos du 18 octobre 2017 Crédits : Ludovic Piedtenu - Radio France

Les candidats ont jusqu'au 6 novembre pour se faire connaître, à condition de vouloir débourser autour de 50 millions d'euros et d'engager de 6 à 15 millions de travaux.

Pour les autres partis politiques, ça ne va pas mieux

Comme les socialistes, Les Républicains, très endettés, pourraient se séparer de leur siège rue de Vaugirard après l'élection de leur Président au mois de décembre. Ils avaient déjà du changer de siège il y a quelques années.

Au Front National, même combat, sa présidente Marine Le Pen visite en ce moment des futurs locaux. Le FN qui avait déjà quitté son siège de Saint-Cloud pour Nanterre, plus loin, moins bien desservi, faute de moyens, chercherait à présent à revenir dans un lieu plus proche des transports et plus proche de Paris. Mais toujours dans les Hauts-de-Seine.

Pour les Verts, la situation est calamiteuse, ils n'ont plus de députés. Cet été, Europe Ecologie Les Verts a licencié cinq de ses neuf permanents, licenciés sous 30 jours. La pilule a été dure à avaler pour certains qui ont parfois près de 60 ans. Le parti doit économiser 300 000 euros par an. Quant à son siège du 10ème arrondissement de la capitale, surnommé "La chocolaterie, il a déjà été vendu il y a deux ans. Le parti est locataire à Montreuil, aux portes de Paris.

Locataire, le PCF ne l'est pas ! Son siège de 15 000 m² Place du Colonel Fabien a en revanche été proposé à la location. Deux étages et demi sur les six sont actuellement occupés par une start-up, une entreprise musicale. Si ça peut éviter la casse sociale un temps... Du temps de Robert Hue, le secrétaire national du Parti Communiste Français, avait du procéder à un plan social.

La petite musique du moment pour les partis politiques ressemble donc à une marche funèbre de Chopin. Peut-être aussi le fruit de la lente professionnalisation de tous ces partis et de ces permanents. Par la même, ils se dépolitisent, estimait déjà en 2007 Philippe Aldrin, auteur d'une étude approfondie sur les salariés du Parti Socialiste. "La question du rapport au parti comme capital politique collectif" change. L'idéologie s'en va. Les bâtiments, eux, n'étaient déjà plus que des symboles.

Chroniques

8H19
26 min

L'Invité des Matins (2ème partie)

L’économie selon Macron : transformations ou vieilles recettes ? (2ème partie)
Intervenants
  • Journaliste, correspondant permanent de Radio France en Allemagne, ancien chef du service politique de France Culture
L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......