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Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, lors d'un des débats de la primaire de la droite, le 17 novembre 2016.

Souviens-toi l'automne dernier

3 min
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C'était seulement il y a un an, et ça semble un autre siècle.

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, lors d'un des débats de la primaire de la droite, le 17 novembre 2016.
Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, lors d'un des débats de la primaire de la droite, le 17 novembre 2016. Crédits : Christophe Archambault - AFP

Que faisiez-vous il y a un an ? Emmanuel Macron, lui, présentait sa candidature à l'élection présidentielle, dans un centre d'apprentissage, en Seine-Saint-Denis. A l'époque, pas grand-monde ne parie sur ce jeune ex-ministre, dont on souligne l'audace autant que l'absence de programme. Un sondage le donne d'ailleurs éliminé, et de loin, dès le 1er tour.  Car tout le monde a les yeux rivés sur la primaire de la droite. 

C'est elle qui doit désigner, nous explique-t-on, le prochain président de la République. Le combat se joue entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, forcément. François Fillon n'est à cette époque pas testé dans les enquêtes d'opinion pour le premier tour. David Pujadas, présentateur inamovible du 20 heures, anime ce débat, et pose cette question à Nicolas Sarkozy :  

- Une question (vous en avez vous même parlé hier soir Nicolas Sarkozy)... Avez-vous oui ou non reçu de l'argent liquide de Libye pour financer votre campagne de 2007 comme l'a affirmé l'intermédiaire Ziad Takkieddine dans les médias et devant la justice française ?        
- Quelle indignité... 

Et décidément, rien ne semble devoir entraver la marche d'Alain Juppé vers l’Élysée. Il est alors crédité de 31% au 1er tour, devant Marine Le Pen à 27%. A gauche, les écologistes ont désigné leur candidat Yannick Jadot. Les mois précédents avaient été émaillé de bisbilles au sein du groupe écolo à l'Assemblée nationale. Il y avait les pro-Duflot et les partisans de François de Rugy. La première est désormais loin de la vie politique, le second a rejoint En marche, il est président de l'Assemblée nationale. 

A l'Assemblée justement, il y a un an, le président s'appelait Claude Bartolone... A l'époque, il fait voter le dernier budget de l'ère Hollande ; la presse ironise sur les cadeaux électoraux que contient ce budget : un signe évident que François Hollande sera bien sûr candidat à la présidentielle. Même si le livre « Un président ne devrait pas dire ça », sorti depuis peu, inquiète les Hollandais fervents. Nous sommes aussi au moment où Jean-Luc Mélenchon rode sa campagne, et innove en se déployant sur Youtube : 

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"Tous ceux qui regardent cette chaîne ont donné un bon coup de main. D'abord ils ont mis des "pouces bleus" tant et plus, si bien que, tchouf, on est bien montés, à plus de 60.000 abonnés... Vous comprenez que plus j'ai d'abonnés sur cette chaîne, moins j'ai besoin des autres [médias] pour m'exprimer, des journaux qui tortillent mes citations, ou des images découpées, pourries des uns ou des autres... Tout ça, pouf ! Maintenant, j'en ai rien à faire..."

C'était il y a un an (vidéo mise en ligne le 17 novembre 2016), et on sent déjà percer les germes de "Le média", la chaine de la France insoumise. Pendant ce temps, Jean-Luc Bennahmias peaufine ses propositions sur le cannabis, Benoît Hamon les siennes sur le revenu universel, Jacques Cheminade cherche ses parrainages... Et Jean-Vincent Placé est au gouvernement. 

Tout cela s'est passé il y a douze mois. Ces événements semblent pourtant remonter à l'antiquité. Presque aussi vieux que le dernier budget en équilibre en France. C'est dire l'accélération du temps politique, l'intensité de la tempête électorale, la vigueur du renouvellement, au moins celui des visages. C'est dire aussi le vide que le nouvel exécutif a trouvé ; et qu'il s'est empressé de remplir, aidé par une majorité docile et des opposants balayés ou affaiblis. Dans cette tempête, un seul phare est resté droit, debout. Le président du Sénat s'appelait déjà Gérard Larcher. Il est des choses qui ne changent pas.

Frédéric Says

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