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Deux ou trois contradictions

3 min
À retrouver dans l'émission

Qu'on l'approuve ou qu'on la désapprouve, l'action politique du gouvernement correspond très largement au programme présidentiel du candidat Macron. Il n'en reste pas moins plusieurs contradictions entre la parole et les actes.

On l'évoquait hier ici-même, le gouvernement aime à dire qu'il "assume". Pas de complexes à dérouler sa feuille de route. Et c'est vrai - qu'on l'approuve ou qu'on la désapprouve -, la politique menée ressemble très largement au programme présidentiel de la campagne. En tout cas, il n'y a pas de surprises majeures comme lors des quinquennats précédents (réforme des retraites pour Nicolas Sarkozy, loi Travail pour François Hollande). Pourtant, il est quelques domaines où les actes vont à l'encontre de la philosophie d'action qui avait été annoncée. 

Prenons par exemple la parole présidentielle. C'était juré, fini la "présidence bavarde" de François Hollande. Désormais le chef de l’État devait rendre cette parole rare, parcimonieuse, afin de restaurer la gravité, la dignité de la fonction... Puis le président répondit en direct au téléphone à l'Emission de Cyril Hanouna. C'était avant hier sur C8.  

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On comprend l'intérêt du chef de l’État qui touche ainsi un public nombreux et pas forcément passionné, de prime abord, par la chose politique. Pour autant, comment convaincre ensuite qu'une parole "jupitérienne" et "solennelle" s’accommode de risettes par téléphone avec un talk show dont l'un des faits d'armes fut d'avoir placé des nouilles dans le slip d'un chroniqueur ? 

Economies

Autre contradiction quant aux finances publiques. Chaque euro, nous dit-on, doit être passé au peigne fin pour s'assurer que la dépense est utile. C'est ce qu'explique à juste titre le ministère des Finances, soucieux de respecter la règle européenne des 3%. Pourtant, la Cour des comptes alerte ces jours-ci sur les très hauts niveaux de salaires... à Bercy ! Dans un référé paru avant-hier, les magistrats de la rue Cambon dénoncent notamment des sur-rémunérations dans la très haute fonction publique, côté administration fiscale. 

Dernière contradiction, enfin, à l'égard des entreprises. Vous avez entendu à de nombreuses reprises cette phrase-clé du gouvernement : "pour les entreprises, il faut de la stabilité, de la visibilité". Cela semble évident : personne ne plaiderait pour un environnement chaotique et incertain. Le problème, c'est que le gouvernement a fait voter au même moment les ordonnances sur le code du travail. Lesquelles permettent justement de rediscuter, de ré-examiner, de renégocier les textes en permanence au sein de la branche et de l'entreprise. Et le principe d'une négociation, c'est justement qu'elle comporte une part d'incertitude. S'ouvre donc au contraire une période de tractations, de modifications, d'instabilité dans les entreprises. C'est un peu comme lutter contre la pollution en allant faire ses courses à vélo, mais y acheter des fruits venus du Chili... Pas sûr que le bilan carbone y trouve son compte. Voilà donc quelques points, il y en aurait d'autres, où les contradictions mériteraient, à défaut d'être assumée, au moins d'être expliquées. 

Frédéric Says

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