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Le président "raisonnable"...

2 min
À retrouver dans l'émission

... qui va se servir de la primaire à droite

Le président de la République a fait hier espérer aux français de nouvelles baisses d’impôts, pour 2017. Des baisses d’impôt dont on ne sait pas encore grand chose : il faudra attendre l’été pour en connaître le périmètre et le champ d’application, parce qu'elle sont conditionnées à une poursuite de l’amélioration de la conjoncture économique.

Pas question pour François Hollande, qui a déjà donné, aux enseignants, aux agriculteurs, aux jeunes, à tous les fonctionnaires, aux entreprises, bien sûr d’accréditer l’idée qu’il distribue des cadeaux, juste avant la présidentielle. Non ! Qu’on se le dise : le président ne fait que RE-DIS-TRI-BUER. C’est comme ça qu’il avait planifié son quinquennat, en 2012 : d’abord une phase de redressement, ensuite, une phase de redistribution. On y est, cette fois c’est sûr : “Le changement, c’est maintenant !”...

Mais pourquoi sortir du bois maintenant ? Alors que le chef de l’état aurait pu se contenter d’attendre, pour éviter de prendre le risque de se montrer trop tôt en candidat ? Bien sûr, parce que quelques bonnes statistiques sont arrivées, qui donnent du crédit au : “ça va mieux” présidentiel. Ensuite parce qu’il veut montrer qu’une surenchère à gauche provoque des désordres, notamment dans la rue.

Mais surtout, cette offensive médiatique est un moyen pour François Hollande de lancer, en quelque sorte, la primaire à droite. De lui faire une certaine promotion. Et de préparer les français à ce rendez-vous. Ce que nous dit le président, c’est : “regardez bien ce qui va se passer, voyez les programmes, écoutez les débats de la primaire”, qui s’annonce, c’est vrai, comme une course au plus libéral.

A côté, François Hollande veut apparaître… "raisonnable". Le mot est important : il va lui servir, pendant la campagne. Et on verra bien dans les mois qui viennent si “candidat raisonnable”, ça marche mieux que “président normal”.

Tout ça est très social-démocrate

En réalité, ce que veut François Hollande, c’est qu’on écoute attentivement Alain Juppé, celui que le peuple de gauche déteste le moins parmi les candidats à la primaire, celui qui pourrait être vu, aussi, comme le candidat d’un certain compromis, miroir de Hollande juste de l’autre côté du centre, celui qui pourrait devenir son rival le plus dangereux. Alors, il le cible : il veut qu’on le voit empêtré dans la primaire. Juppé sera bien obligé, c’est vrai, et c’est déjà visible, de s’aligner sur les positions de ses concurrents de droite : et de se montrer plus libéral qu’il n’est peut-être.

C’est cette figure là de Juppé que veut mettre en valeur François Hollande, qui n’a pas la chance d’avoir une cohabitation, pour se montrer plus raisonnable que les autres. Mais lui, il a une primaire de droite.

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