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Le renoncement, ça peut avoir du bon

2 min
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Laurent Fabius a rendu son petit marteau vert hier

Laurent Fabius n’assumera plus à l’avenir la présidence de la Cop21, comme il l’aurait souhaité. Désormais, il sera seulement le président du Conseil Constitutionnel de la France. Dans le courrier rendu public qu’il a adressé au chef de l’état, l’ancien ministre des Affaires Étrangères “juge préférable” d’arrêter les frais, “compte tenu de la polémique interne” sur la question du cumul des mandats.

Sage décision pour un sage ! Et même si on peut regretter toute cette affaire, dont l’épilogue, en l’espèce une reculade, n’efface pas tout à fait le problème originel. Même si on peut se désespérer qu’il faille une polémique pour que la raison l’emporte (et on imagine le type de pression qu’a dû exercer “en interne” Ségolène Royal). Même si on se désole de voir Laurent Fabius persister, en expliquant encore, dans sa lettre de démission, que le cumul des deux fonctions était possible et légitime, voire souhaitable, on se trouve quand même un peu rassuré ce matin. En constatant qu’en politique, le renoncement, ça peut avoir du bon.

Il est possible de décider qu'on s'est trompé

Même si c’est quand même très dur, on le voit, y compris sur des sujets importants pour la gauche, comme le cumul des mandats. Et d’ailleurs, un autre événement politique, datant lui aussi de la journée d’hier, nous donne une nouvelle preuve de cette difficulté à se dédire.

Je veux parler de cette reconnaissance, par Manuel Valls, de l’insuffisance de résultats du pacte de responsabilité, qui d’après le Premier Ministre n’a pas atteint tous ses objectifs. Déclaration surprise, qui s’accompagne d’une volonté nouvelle (ou plutôt d’une menace nouvelle) de conditionner les aides attribuées aux entreprises bénéficiaires du pactole. Là aussi, c’est un revirement : jamais jusqu’ici le chef du gouvernement n’avait voulu entendre parler du conditionnement, la surprise est totale. C'est presque un réveil du pied gauche à quinze mois de la présidentielle, qui certes ne dupera pas les plus sceptiques. Mais qui prouve qu’aucune situation n’est jamais vraiment désespérée, même à gauche, même en ce moment. Et que le doute est parfois préférable aux coups de menton. 

Encore un effort, et la gauche au pouvoir pourra parler du droit de vote des étrangers, et de tous les engagements de 2012 laissés en friche. Encore un effort, et elle abandonnera la déchéance de nationalité, reparlera de justice sociale. Encore un effort et elle reconnaîtra peut-être qu'elle fait fausse route. 

Elle pourrait même, pourquoi pas, prendre une décision sur le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Une décision franche, tranchée, éventuellement en accord avec la composition du nouveau gouvernement. Oui, une décision... qui permettrait de faire l’économie d’un référendum déjà bien mal engagé.

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