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Le 9 mai 2015, plusieurs centaines de personnes manifestent en faveur de la dépénalisation et de la légalisation du cannabis en France.

Légalisation ou dépénalisation du cannabis : vieux serpent de mer du débat politique

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Cela ne fera jamais que la quatrième fois qu'on en parle en 4 ans... Mais de quoi s'agit-il ?

Le 9 mai 2015, plusieurs centaines de personnes manifestent en faveur de la dépénalisation et de la légalisation du cannabis en France.
Le 9 mai 2015, plusieurs centaines de personnes manifestent en faveur de la dépénalisation et de la légalisation du cannabis en France. Crédits : GUILLAUME GEORGES - Maxppp

Un débat fumeux, celui sur la dépénalisation du cannabis. Depuis 2012 et l'élection de François Hollande, à quatre reprises, ce vieux serpent de mer du débat politique a été relancé. Dès le mois de "joint", pardon ju-in 2012, à peine nommée ministre du logement, l'écologiste Cécile Duflot affirme être favorable à la dépénalisation. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre la recadre. L'été passe. Octobre 2012, Vincent Peillon, ministre de l'éducation nationale déclare que la question est posée. Matignon et l'Elysée lui coupe le sifflet. Juillet 2015, la Garde des Sceaux, Christiane Taubira affirme "qu'il n'est pas acceptable de ne pas réfléchir". Avril 2016, à un an de la présidentielle, le secrétaire d'Etat Jean-Marie Le Guen estime "à titre personnel" que "la situation ne marche pas" et que la question sera dans le débat de la prochaine élection. Mais voilà qu'en fouillant dans les archives, on retrouve ceci il y a 15 ans.

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20 sec
Extrait Journal de France 2 - 10 mars 2002

C'était en 2002 et les deux candidats étaient de gauche et s'appelaient Olivier Besancenot et Noël Mamère. Lionel Jospin était lui pour ouvrir le débat. En fait, on pourrait même remonter au début des années 90, et systématiquement ce sont les partis politique de gauche qui font de la dépénalisation un argument de campagne fustigeant la loi de 1970 pour son aspect répressif et son inefficacité. La victoire de Chirac en 95 stoppe cela. Dominique Voynet et Bernard Kouchner, ministres du gouvernement de la gauche plurielle tentent deux ans plus tard de relancer la chose, sans plus de succès.

Puis fait inédit, c'est de la droite que la question resurgira

En 2003, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin envisage de remplacer la peine de prison pour usage de cannabis par une contravention. Le projet de réforme est porté par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur. Projet abandonné. Mais Nicolas Sarkozy y reviendra lors de sa première campagne présidentielle en 2007, ne faisant rien ensuite pendant son mandat puis tournant casaque en se définissant même contre dans sa campagne de 2012. Position toujours d'actualité. Dans cette primaire de la droite, il y a quelques jours, une voix a surpris les 6 autres candidats, celle de NKM.

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Nathalie Kosciusko-Morizet sur Europe 1 - 03/10/16

C'était la semaine dernière, avant les évènements de Viry-Chatillon samedi, cette attaque sur des policiers. Dans cette cité de la grande borne, on parle du trafic de cannabis qu'il fallait protéger des forces de l'ordre. Il n'en fallait pas plus pour relancer le débat sur la légalisation afin d'assécher les réseaux criminels et ce marché d'environ 1 milliard d'euros. Depuis, hormis NKM à droite, qui s'était, on l'a entendu, déjà prononcée, les candidats de gauche défilent sur les plateaux pour se prononcer pour : 2 candidats à la primaire de la gauche Benoît Hamon et Arnaud Montebourg. Les quatre candidats de la primaire écologiste parmi lesquels Cécile Duflot, c'était chez nous, hier midi.

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51 sec
Cécile Duflot : "ma position est très claire et elle est constante : oui, il faut légaliser le cannabis. Et pour deux raisons."
Cécile Duflot, le 11 octobre 2016
Cécile Duflot, le 11 octobre 2016 Crédits : Ludovic Piedtenu - Radio France

Ce qui est intéressant et c'était moins le cas dans les années 90 et 2000, c'est que cette arlésienne, ce bel écran de fumée aussi qui revient toujours avant une élection, on en a fait l'historique ici mais qui n'est jamais suivi d'effet. Ce qui est nouveau c'est que ce débat sans fin se déplace et s'appuie, ces dernières années et cette fois encore, davantage sur le terrain de la sécurité que de la santé publique.

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  • Journaliste, correspondant permanent de Radio France en Allemagne, ancien chef du service politique de France Culture
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