LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Un bureau de vote pour les législatives françaises à New Delhi (Inde).

Législatives : quelques enseignements sur la campagne

4 min
À retrouver dans l'émission

S'il faut rester prudent quant aux sondages, la campagne qui vient de s'écouler est riche en leçons sur les évolutions de la vie politique française.

Un bureau de vote pour les législatives françaises à New Delhi (Inde).
Un bureau de vote pour les législatives françaises à New Delhi (Inde). Crédits : Dominique Faget - AFP

S'il faut se méfier jusqu'au dernier moment des sondages - et surtout de toute interprétation affirmative -, on peut en revanche retenir quelques éléments de ces cinq semaines de campagne.

1 - s'il existe un dégagisme, c'est d'abord un auto-dégagisme : quatre députés sur dix ont fait le choix de ne pas se représenter. Bartolone, Copé, Ayrault : ces noms, qui ont longtemps résonné dans l'hémicycle, en seront désormais absents. Plus précisément, trois vagues d'abandon se sont succédées :

- vague à l'âme. Ces députés avaient annoncé de longue date leur retrait, dégoûtés par la politique telle qu'elle va, au sortir d'un quinquennat compliqué.

- vague du non-cumul des mandats. Beaucoup de personnalités ont préféré "bétonner" leur ancrage local. C'est le cas de Jean-François Copé à droite ou de Carole Delga à gauche.

- vague Macron, que certains ont préféré ne pas affronter. A l'image du socialiste Jean-Marie Le Guen dans le 13ème arrondissement de Paris. Il a jeté l'éponge en apprenant que La République en Marche investissait un candidat contre lui.

2ème élément : Emmanuel Macron a endossé très vite l'habit présidentiel ; ce qui a fait craquer les coutures chez les autres partis politiques. La droite, bien sûr, divisée entre les "macronophiles" et les "macronophobes". Le PS, écartelé entre les sociaux-libéraux et les frondeurs. Le FN, entre souverainiste anti-euro et identitaires anti-islam. Sans oublier le divorce entre Mélenchon et le Parti communiste. Tout cela sur fond d'hégémonie prévue pour En Marche : quand il ne reste que des miettes à se partager, les querelles resurgissent.

3ème constat : la tonalité de la campagne. Il y a eu les propositions, les programmes bien sûr, mais surtout le grand concours du parti qui lavera plus blanc que blanc. "Des députés honnêtes" : voilà l'élément de langage répété à l'envi dans les clips de campagne des législatives :

Écouter
29 sec
Billet politique 1 - Honnêtes

4ème point : on a beaucoup évoqué le risque d'une assemblée monocolore, d'une "chambre d'enregistrement", où pour tout dire on s’ennuierait un peu. C'est oublier que l'opposition (ou plutôt les oppositions) risquent d'être beaucoup plus virulentes à l'Assemblée : il existe des chances raisonnables que des personnalités fortes fassent leur entrée dans l'hémicycle : Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen ou François Ruffin (le réalisateur de "Merci Patron").

5 - La mise en garde contre le "parti unique" ne semble pas fonctionner jusqu'à présent, même si les adversaires d'En Marche agitent massivement cette menace. Peut-être parce que l'alerte aux "pleins pouvoirs" est un grand classique des campagnes législatives.

Voici un exemple que nous avons retrouvé dans les archives. Nous sommes en 1993, au soir du premier tour des legislatives. Nicolas Sarkozy représente le RPR, grand vainqueur de la soirée... face à lui, Ségolène Royal, qui incarne un PS lourdement défait :

6ème et dernier constat : Emmanuel Macron avait fait une partie de sa campagne présidentielle sur la "bienveillance" et le "renouvellement des pratiques". Pour ces législatives, on ne peut pas dire que ces deux notions aient primé.

La bienveillance a plutôt laissé la place à un professionnalisme froid et efficace. Exemple : le supplice chinois, qui a consisté à jouer avec les nerfs des députés sortants, en leur opposant ou non un adversaire En Marche. Thierry Solère, Marisol Touraine, ou Stéphane Le Foll sont passés à travers les gouttes, pas Malek Boutih ou Nathalie Koscisusko-Morizet. De même, le refus d'apporter des précisions sur les contours de la futur réforme du marché du travail - au moyen d'une bonne vieille langue de bois, voire de teck massif - ne respire pas franchement le "renouvellement" des pratiques.

A LIRE Législatives : reportages dans 16 circonscriptions clés

Chroniques
8H19
38 min
L'Invité(e) des Matins (2ème partie)
Pankaj Mishra : de la montée des populismes à la guerre civile mondialisée ?
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......