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Les non-dits d'Orlando

2 min
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Il est des sujets sur lesquels nos responsables politiques se montrent longs à la détente...

Toujours prompts à réagir au moindre événement, grisés par la rapidité des outils de communication fournis par les réseaux sociaux, on reproche suffisamment souvent aux politiques de commenter tout dans la minute, chaque jour qui passe, pour ne pas remarquer, depuis ce week-end et la tuerie à caractère homophobe d’Orlando aux États-Unis, que quelque chose ne s’est pas passé, là, comme d’habitude.

Certes, quelques heures ont suffi, dimanche, pour voir arriver les premiers tweets, suivis des traditionnels communiqués, dénonçant le massacre qui venait de se produire au "Pulse", vouant aux gémonies l’assassin, ou appelant à la solidarité avec le peuple américain. Beaucoup ont évidemment dénoncé en quatrième vitesse le terrorisme islamiste, sur la base des tous premiers éléments de l’enquête... Mais il a été très long, le temps qu’il a fallu attendre, avant de voir se répandre dans la classe politique (et le problème a été le même dans la presse, on l’a beaucoup dit), la dénonciation d’un meurtre de masse visant, spécifiquement, la communauté LGBT, lesbienne, gay, bi et trans.

Et d'ailleurs, on l'attend toujours ! Seuls quelques politiques se sont rendus compte de cette forme d'oubli très curieux dans leur communication. François Hollande le premier, qui a réagi quand même en trois temps. Entre le communiqué qu'il a fait publier dimanche (qui ne faisait pas mention du tout du caractère homophobe de la tuerie) et la déclaration d’hier, faite à Colombey, promettant qu’il “ne laisserait rien passer sur l’homophobie”, le chef de l’état - président du mariage pour tous - a commis l’incroyable maladresse de laisser entendre hier matin, lors d’une visite à l’ambassade des États-Unis, que l’orientation sexuelle relève d’un choix, ce qui n’est évidemment pas toujours le cas.

Les politiques sont mal à l'aise avec l'homosexualité

L’enseignement qu’on peut tirer de cette tragédie et des réactions politiques qu’elle suscite, c’est qu’en France, l’homosexualité n’est toujours pas un sujet politique. Tout simplement parce qu’elle semble n’être pas un sujet, tout court. Dans notre espace public, manifestement, l’homophobie n’existe pas, ou est très souvent passée sous silence. Et c’est la raison pour laquelle Emmanuel Macron, Myriam el Khomri, Jean-Marc Ayrault, Ségolène Royal (au gouvernement)... À droite, Laurent Wauquiez, Christine Boutin, Marion Maréchal Le Pen, mais aussi Alain Juppé ou Jean-Christophe Lagarde, n’ont pas utilisé le mot homophobe ou gay dans leur communication. Nicolas Sarkozy est un des rares à l’avoir fait à droite.

Il serait pourtant important que les choses changent, vite. Qu'on puisse nommer les choses, ce qui est le meilleur moyen de reconnaître qu'elles existent. Surtout si, comme les derniers développement de l’enquête aux Etats-Unis sur les motivations et la psychologie du tueur semblent le montrer, c’est bien le refoulement qui a été le moteur de la haine.

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