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Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des comptes publics, aux côtés de Didier Migaud, le président de la Cour des comptes.

L'Etat à la diète, ou l'éternel recommencement des plans d'économies

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Le gouvernement a présenté son "plan d'économies".

Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des comptes publics, aux côtés de Didier Migaud, le président de la Cour des comptes.
Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des comptes publics, aux côtés de Didier Migaud, le président de la Cour des comptes. Crédits : Patrice Pierrot - AFP

Le nouveau monde politique a beau être advenu (paraît-il), les habitudes de l'ancien monde ont décidément la vie dure.

Gérald Darmanin a certes hérité d'un portefeuille à la dénomination inédite - "ministre de l'action et des comptes publics" - , il n'en reste pas moins l'exécutant d'un très classique exercice de ministre du Budget.

Ainsi, quand on le voit égrainer les mesures d'économies en direction des ministères, impossible de ne pas penser à toutes ces cures d'amaigrissement de l'Etat qui se sont amoncelées ces dernières années.

Dans une interview au journal Le Parisien hier, Gérald Darmanin évoque comme pistes d'économies la réduction du parc automobile de l'Etat et la baisse du nombre de collaborateurs.

Quand on se replonge dans les archives, ô surprise : c'étaient déjà les gisements d'économies identifiés en 2015. Voici un extrait du journal de France 2 à l'époque :

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13 sec
Billet politique 1 - Eco 2015

Allez, faisons encore un peu marche arrière : nous sommes en 2010, François Fillon lance son plan d'économies, voici sur quelles dépenses :

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14 sec
Billet politique 2 - Eco 2010 2

Continuons de remonter dans les archives. 3 ans avant, en 2007. Le gouvernement annonce vouloir réduire la voilure... Et devinez sur quoi ?

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17 sec
Billet politique 3 - Eco 2007

Tout cela a comme une saveur d'"Un jour sans fin"... Dès lors, de deux choses l'une : soit ces coups de rabot successifs ont laissé les ministères complètement à l'os, et sous peu les ministres vont devoir se déplacer en trottinette avec leurs gardes du corps ; soit ces plans claironnés avec tambours et trompettes n'ont pas été appliqués.

La réponse est sans doute entre les deux : il reste toujours quelques dépenses à tailler, mais pas de quoi trouver les gisements annoncés par le ministre Darmanin : 4,5 milliards d'euros d'ici à la fin de l'année.

Dans le détail, on se pince quand on lit que Matignon compte économiser 60 millions d'euros (d'ici décembre) en particulier grâce à la diminution du nombre de collaborateurs du Premier ministre. Sauf à penser qu'un collaborateur est mieux payé qu'un gagnant récidiviste au loto, derrière les rivières d'argent annoncées, il risque de n'y avoir que quelques petits ruisseaux déjà presque à sec.

Mais ce sera à la cour des comptes d'en juger, en gardienne intemporelle des deniers publics. Ce qu'elle ne dira pas, parce qu'elle est bien élevée, c'est qu'elle ressent comme une impression de déjà-vu dans ces annonces fracassantes.

Frédéric Says

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