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VIOLENCES PLACE DE LA NATION

Loi travail : les violences peuvent-elles cesser ?

3 min
À retrouver dans l'émission

Il y a une occasion à saisir.

VIOLENCES PLACE DE LA NATION
VIOLENCES PLACE DE LA NATION Crédits : OLIVIER ARANDEL - Maxppp

À l’occasion du début de l’examen de la loi El Khomri, en séance, à l’Assemblée Nationale aujourd’hui, on pourrait rêver à un apaisement, à un retour à une certaine forme de sérénité dans le débat public. Après tout, la violence, c’est ce qui monte quand les mots manquent, et l’ouverture d’une discussion, publique, officielle, menée par les représentants élus du peuple, pourrait faire baisser la tension.

Malheureusement, ce qui devrait se passer dans un contexte démocratique serein, a peu de chances de se produire ici et maintenant, et la violence des échanges entre contestataires et forces de l’ordre, qui va crescendo depuis le début des manifestations contre le texte de la loi travail, ne retombera pas comme ça.

Il faudrait pour cela qu’elle ne soit pas instrumentalisée, qu’elle ne soit pas intégrée au débat public. Or, on en est arrivé au temps des mises en garde et des menaces sous forme de prévisions funestes. Il y eu par exemple celle de Jean-Luc Mélenchon, ce dimanche, au soir du 1er mai, dénonçant une “malveillance absolue du haut commandement de la police” : le fondateur du Parti de Gauche affirme qu’“au rythme où on va, quelqu’un va mourir”, sous-entendu, côté manifestant... À quoi Nicolas Comte, secrétaire général adjoint du syndicat Unité SGP-Police, a répondu, hier soir, sur Europe 1 : “quand on voit la violence dont font preuve un certain nombre de casseurs avec mes collègues, on peut craindre qu’un jour, il y ait un mort”, sous-entendu : chez les policiers.

Pour l’instant, à Rennes, un étudiant de 20 ans a perdu un œil jeudi dernier, et c’est déjà un lourd bilan.

Il y a une exploitation politique de cette violence

Il arrive, à droite, qu’on voie mal, qu’on manque de discernement, et qu’on confonde un peu vite les manifestants, notamment ceux de Nuit Debout, avec les éléments extérieurs aux manifs. Eric Ciotti, député et président du Conseil Départemental des Alpes Maritimes, voit par exemple désormais en Nuit Debout “une expression de violence haineuse et gratuite”.

Et de l’autre côté, à gauche, si ce matin, dans le Parisien, Myriam El Khomri fait intelligemment la distinction entre manifestants et casseurs, les uns faisant "usage d'un droit", les autres "voulant renverser les institutions", d’autres font monter la pression. Pour Noel Mamère, qui publie une tribune sur son blog “Les apprentis sorciers au pouvoir sont en train d’éduquer une génération à la violence. Les jeunes qui s’éveillent à la politique sur la place de la République constatent chaque jour que la gauche au pouvoir est plus sensible aux demandes de la droite sarkozyste et de l’extrême droite qu’à leurs propres revendications”..

Oui, décidément, le contexte est explosif, et il devient urgent de faire baisser la tension. Manuel Valls, qui n'a pas voulu s'exprimer sur la question de la violence, lors d'une conférence de presse en Australie, serait bien inspiré, cet après-midi, à l'Assemblée Nationale, d'enfin... trouver les mots.

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