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Mais où est passée la droite ?

2 min
À retrouver dans l'émission

Sur la loi Travail, les Républicains laissent prudemment la CGT et le gouvernement s'écharper.

A force de compter les points entre Manuel Valls et la CGT, on en oublierait presque qu’il existe une opposition parlementaire en France. Celle-ci ne fait d’ailleurs rien pour nous aider à corriger cette erreur, tant elle semble vouloir se faire oublier au fond de la classe pour éviter l’interro surprise sur la Loi Travail.

Qui peut dire exactement la position du parti Les Républicains sur l’inversion des normes contenues dans le très controversé article 2 ? Qui sait exactement ce qu’elle pense de la minoration des heures supplémentaires, ou même du compte personnel d’activité ?

Pas grand monde, même si quelques sénateurs LR consciencieux – il n’y a pas d’oxymore dans cette phrase - se penchent sérieusement sur le texte, à l’occasion de son passage devant le Sénat.

Pour le reste, la droite semble assise dans son canapé, avec du pop corn, à commenter le match entre la CGT et le gouvernement, tout en expliquant que si elle était sur le terrain, elle s’y prendrait évidemment bien mieux.

Un terrain qui est pourtant miné pour l'opposition...

Et on comprend qu'elle n'ait vraiment intérêt à s'y aventurer. D’abord parce que cela mettrait en lumière ses contradictions : elle est pour une refonte radicale du code du travail mais elle n’a pas osé y toucher sérieusement en dix ans de gouvernement.
Il s’agit ensuite de ne pas donner prise à la rhétorique de l’Exécutif ("attention la droite revient" et ce serait bien pire avec elle), un refrain cela dit déjà entonné juste avant les élections législatives de 1986 et qui n'a pas spécialement fait ses preuves.

La droite, enfin, est persuadée que la contestation ne porte pas sur le fond du texte, mais sur la politique globale de François Hollande ; elle se refuse donc à le recentrer en se montrant plus radicale que lui. Autrement dit, elle n'a aucun intérêt à choisir entre la CGT et le gouvernement, car elle trouve la première trop dure et le second trop mou.

Il faut pourtant lire le programme des candidats de droite à la primaire… Ils promettent, pêle-mêle, de refondre le système social en deux mois par ordonnances, de supprimer 300 000 postes de fonctionnaires, ou encore de ne plus négocier avec les syndicats.

Alors on le comprend : trop s’exposer sous les projecteurs médiatiques, ce serait immanquablement s’attirer des questions du genre : comment pouvez-vous croire que votre programme ne déclenchera pas une explosion sociale au moins aussi forte que celle d’aujourd’hui ?

Soyons juste : la droite n’est pas la seule à faire ce choix, enterrée dans sa tranchée en attendant qu’il y ait un mort entre les syndicats et Manuel Valls. Elle imite en cela un autre mouvement qui s’appelle le Front national. Quelle est la position du FN sur la loi Travail ? Il a certes timidement protesté contre cette réforme qui serait imposée par Bruxelles, mais pas trop fort, car le parti n’a toujours pas tranché entre ses deux tendances : étatiste façon Philippot ou (économiquement) libérale façon Marion Maréchal Le Pen.

Pendant que la contestation sociale fauche le gouvernement, la droite et le FN espèrent moissonner ; elles appliquent la maxime du cardinal de Retz : on ne sort de l’ambiguïté qu'à son détriment.

Chroniques
8H18
20 min
L'Invité(e) des Matins (2ème partie)
Loi travail : quelles conséquences politiques ?
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